Journée mondiale de l’autisme : "Aucun enfant ne peut s'épanouir sans scolarisation"

C’est la journée mondiale de l’autisme. En France, plus de 400.000 personnes seraient atteintes par cette maladie. Un quart sont des enfants, dont la scolarisation est l’un des combats de Josef Schovanec. Il y a 12 ans, alors qu’il en a 22, on lui diagnostique un syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. Depuis, il milite pour que la maladie soit mieux prise en compte par l’Etat.

(La scolarisation des enfants autistes en écoles ordinaires est loin d'être facile © Monika Adamczyk - fotolia.com)

En 2014, le Conseil de l'Europe estimait que la France bafouait le droit à la formation professionnelle des jeunes autistes, et lui reprochait de ne pas respecter le droit des enfants et adolescents autistes à être scolarisés dans des établissements ordinaires.

 

Un droit pour lequel se bat Josef Schovanec, diagnostiqué autiste à 22 ans. "Aucun enfant ne peut s’épanouir sans scolarisation. Pour vivre dans le monde, vous avez besoin d’un ensemble de compétences et de connaissances sociales. S’il n’y a pas cet apprentissage, comment cela va se passer dans la vie d’adulte, " s’interroge-t-il.

 

Pour bien faire, "il faut que l’enfant autiste est le plus de contact possible avec ses camarades non autistes et avec tous les autres enfants, et que cela se passe dans des écoles ordinaires. Si on prend un certain nombre de mesures de mise en accessibilité de l’école, il n’y a rien d’impossible. "

 

Lorsqu’ils sont scolarisés dans des établissements ordinaires, les enfants autistes sont souvent victimes de violence malgré eux. "Dans ce cas de figure, il ne faut pas l’exclure mais veiller à ce qu’il ne soit plus victime de violences. Ce n’est pas hors de portée d’un établissement scolaire, " déclare Josef Schovanec.

 

Plus les enfants sont diagnostiqués tôt, plus il y a de possibilités d’agir, rappelle Josef Schovanec. Depuis quelques années déjà, plusieurs médecins et spécialistes de l'autisme travaillent à la mise en place d'un outil de diagnostic et de dépistage précoce de l'autisme et des problématiques associées, notamment dès l'âge de 18 mois. "Sur le plan purement technique on peut faire des pré-diagnostics à 3 mois. Si le diagnostic est posé tôt tout, devient envisageable. "

 

Josef Schovanec regrette que l’on ne parle pas assez de l’autisme. La journée mondiale de l’autisme est donc pour lui une journée joyeuse. "La véritable mission des personnes handicapées c’est de remonter le moral des gens qui pensent être valide. "

 

Josef Schovanec est l’auteur de trois livres, son dernier, Comprendre l’autisme pour les nuls  vient de paraitre aux Editions First. 

L'interview de Josef Schovanec par Jules de Kiss
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