"Islamo-gauchisme" à l'université : "Une profonde erreur", mais Frédérique Vidal "pointe le doigt sur quelque chose de réel", estime Jacques Maire, député LREM

La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a créé la polémique en parlant "d'islamo-gauchisme" dans les universités, et en confirmant mardi avoir demandé une enquête à ce sujet au CNRS.

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Radio France
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Jacques Maire, député de La République en marche à l'Assemblée nationale, le 24 février 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Jacques Maire, député de La République en marche, a jugé jeudi 18 février sur franceinfo le terme "d’islamo-gauchisme" employé par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal de "profonde erreur", même si, selon lui, elle "pointe le doigt sur quelque chose de réel".

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La ministre a déclaré dimanche sur CNews que "l'islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et l'université n'est pas imperméable". Par la suite, Frédérique Vidal a confirmé, mardi, avoir demandé une enquête au CNRS pour faire "un bilan de l'ensemble des recherches qui se déroulent dans notre pays". Mercredi, le CNRS a condamné l'usage d'un terme "qui ne correspond à aucune réalité scientifique".

"Une caricature totale"

"On a effectivement aujourd'hui l'emploi de termes que je trouve plutôt des anathèmes que des concepts comme l'islamo-gauchisme employé par certains ministres. C'est une profonde erreur", explique-t-il. Selon lui, "c’est une caricature totale qui vise effectivement à mettre ensemble une espèce de 'gauche caviar' qui serait complice d'un islam militant et qui est plutôt une projection politique que vraiment un combat", indique le député des Hauts-de-Seine.

Malgré tout, le député met en garde contre le "déni" face à l’influence de l’islamisme dans les instituons françaises : "Madame Vidal pointe le doigt sur quelque chose qui est tout à fait réel, qu'on a vu pendant des semaines et des semaines dans les débats concernant la loi confortant les principes de la République, à savoir que beaucoup d'institutions, y compris l'université, mais c’est le cas aussi des fédérations sportives, des écoles, des services publics, de la RATP et d'autres, sont soumis à des pressions et des pressions islamistes", affirme-t-il. Il appelle à la prudence : "Je pense que c'est un sujet qu'il faut traiter avec beaucoup de précaution. Mais je dis quand même attention au déni."

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