Toulouse : la justice saisie après le bizutage d'étudiants

À Toulouse (Haute-Garonne), les images d'étudiants infirmiers victimes d'un violent bizutage créent la polémique. Les témoignages affluent, évoquant la complicité de l'établissement, le procureur de la République a été saisi par le CHU.

France 3

Les photos ont fait le tour des médias depuis la rentrée. On y voit des étudiants infirmiers à Toulouse (Haute-Garonne), attachés à plusieurs avec du Scotch, en récitant des chants obscènes et ciblés par des jets de farine, de soupe de poisson, de pâtée pour chien... Pendant plus d'une heure, les étudiants de première année sont humiliés, certains traumatisés : ils viennent de subir un bizutage. Selon une étudiante concernée, la direction de l'école fait tout pour étouffer l'affaire. "Ils nous ont dit qu'il ne fallait pas parler aux journalistes, qu'il ne fallait absolument rien dire", explique-t-elle.

L'école complice des bizutages ?

Suite à ce premier témoignage, la parole se libère. Un ancien formateur dénonce même la complicité de l'institution. Pour preuve, un mail envoyé par le secrétaire de l'école qui indique que les étudiants sont invités à une réunion obligatoire alors qu'il s'agissait de les piéger pour un bizutage. Autre témoignage, un étudiant arrivé en 2015 a subi les mêmes pratiques. Pendant un examen, il comprend qu'il va être piégé par les deuxièmes années avec la complicité des professeurs. La direction n'a pas répondu aux journalistes de France 3. Le CHU de Toulouse a diligenté une enquête interne et vient de saisir le procureur de la République. Le bizutage est un délit puni par la loi depuis 1998.

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Des étudiants pendant une séance de bizutage (illustration)
Des étudiants pendant une séance de bizutage (illustration) (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)