Loi sur le harcèlement scolaire : "Il ne s'agit pas seulement de sanctionner les harceleurs, il s'agit de les aider", selon une association

"Ce sont des sanctions constructives que l'on propose", assure Hugo Martinez, créateur de l’association HUGO et ancienne victime de harcèlement scolaire.

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Radio France
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Harcèlement à l'école (illustration). (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Une proposition de loi soutenue par le gouvernement pour renforcer les sanctions contre le harcèlement scolaire est présentée mercredi 1er décembre à l'Assemblée nationale. "Il ne s'agit pas seulement de sanctionner les harceleurs, il s'agit de les aider", a indiqué sur franceinfo Hugo Martinez, créateur de l’association HUGO contre le harcèlement scolaire dont il a lui-même été victime. Selon lui, dans "9 cas sur 10", les harceleurs sont d'anciennes victimes. "Ce sont des sanctions constructives que l'on propose, comme l'obligation de soin thérapeutique, des stages de responsabilisation à la vie scolaire et de sensibilisation au harcèlement", a-t-il précisé.

franceinfo : Cette possibilité de sanctionner les harceleurs est-elle une avancée pour vous ?

Hugo Martinez : Il ne s'agit pas seulement de sanctionner les harceleurs, il s'agit de les aider, parce que dans 9 cas sur 10 ce sont d'anciennes victimes de harcèlement scolaire ou des élèves qui ont eux-mêmes un complexe physique, intellectuel ou autre qu'ils préfèrent cacher en mettant la lumière sur quelqu'un d'autre. L'idée, c'est de comprendre quel mal-être ils ont et leur faire comprendre qu'ils ont dépassé une ligne rouge, la loi française, et qu'ils ont d'autres outils que la violence pour exprimer ce mal-être.

"Ce sont des sanctions constructives que l'on propose à travers ce délit, comme l'obligation de soin thérapeutique, des stages de responsabilisation à la vie scolaire et de sensibilisation au harcèlement scolaire."

Hugo Martinez, créateur de l’association HUGO contre le harcèlement scolaire

à franceinfo

Est-ce que cela a une répercussion concrète pour les familles de victimes ?

C'est un vrai outil de procédure juridique qui s'ouvre pour les familles puisqu'elles peuvent maintenant requérir une procédure auprès des juges des référés et avoir une réponse sous 72 heures, quand il n'y en a pas à l'échelle de l'établissement. Donc, oui, concrètement ce qu'on fait et le combat pour lequel nous militons a des conséquences concrètes sur le terrain. Maintenant, au-delà de cette proposition de loi, il y a plein d'autres mesures. Il y a eu plein d'autres amendements qui ont été déposés. On a hâte de pouvoir suivre leur examen. Par exemple, notre proposition de mettre en place un observatoire de la lutte contre le harcèlement scolaire. Il faut aussi inscrire dans la loi le fait que les collectivités peuvent avoir un rôle à jouer, en nommant et formant des référents dans la mairie pour accompagner les familles.

Pensez-vous qu'il faut bannir des réseaux sociaux les auteurs des messages de cyber harcèlement ?

Je pense que la sanction brute et totale n'est pas la plus pertinente. La crispation n'entraîne que de la crispation. Il faut sensibiliser, il faut prévenir. Il faut apporter des réponses adaptées parce que le harcèlement scolaire est un phénomène sociétal. Il n'y a pas de recette magique ou de réponse unique à avoir. Il faut adapter les réponses à chaque situation. Mais, mettre en place des interdictions de paraître sur les réseaux sociaux, avoir accès sans pouvoir publier, peut être pertinent.

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