Lettre du rectorat de Versailles : "certains cadres éducatifs défendent davantage l'institution que les enfants", dénonce une association contre le harcèlement scolaire

L'association pour la prévention des phénomènes de harcèlement entre élèves a réagi samedi à la publication d'une lettre envoyée en mai par le rectorat aux parents d'un adolescent qui se disait victime de harcèlement.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Image d'illustration. (JULIEN BARBARE / MAXPPP)

"Cette lettre est insupportable", réagit samedi 16 septembre sur franceinfo Jean-Pierre Bellon, le fondateur de l'APHEE - l'association pour la prévention des phénomènes de harcèlement entre élèves - après la révélation d'une lettre envoyée en mai dernier par le rectorat de Versailles aux parents d'un adolescent qui se disait victime de harcèlement.

L'élève de 15 ans s'est suicidé le 5 septembre dernier. Jean-Pierre Bellon considère que cette lettre "est révélatrice" du comportement de "certains cadres éducatifs" qui "minimisent le harcèlement". Il rappelle que "10% des élèves sont victimes de harcèlement".

>>  Suicide d'un adolescent à Poissy : Gabriel Attal annonce un audit auprès des rectorats sur les cas de harcèlement scolaire signalés

franceinfo : quelle est votre réaction à la lecture de cette lettre du rectorat de Versailles ?

Jean-Pierre Bellon, fondateur de l'APHEE :

Je suis choqué et scandalisé. Cette lettre est insupportable. Elle est surtout révélatrice d'un état d'esprit de certains cadres éducatifs qui se demandent si c'est vraiment du harcèlement, il s'agit davantage de défendre l'institution que les enfants qui leur sont confiés. Ces réactions révèlent cette façon de minimiser le harcèlement, qui a de graves dégâts dans les établissements scolaires. L'institution n'est pas là pour se défendre, mais pour protéger les enfants.

Pourquoi est-ce si compliqué de lutter contre le harcèlement en France ?

Je me demande bien alors pourquoi les pays scandinaves ont commencé à travailler dessus dès la fin des années 70. La France a attendu fin 2010, début 2011 pour réagir. On n'a pas voulu admettre en France qu'il existe une violence fabriquée au sein même de l'école et générée par un effet de groupe. Ce qui a aggravé les choses, c'est évidemment le cyberharcèlement. Les chiffres restent stables. Il y a environ 10% des élèves qui en sont victimes.

>> Suicide d'un adolescent à Poissy : Elisabeth Borne dénonce "une défaillance" après le courrier "décalé" du rectorat de Versailles aux parents

Faut-il mieux former les professeurs ? Ou faire appel à des bénévoles pour avoir plus de moyens humains ?

Il y a des professeurs sur place. L'école est l'un des endroits où les enfants sont le mieux encadrés. Et faut-il vraiment une formation pour être attentif et bienveillant à ses élèves ? N'a-t-on pas oublié une mission fondatrice de l'école ? Je ne suis pas certain qu'il y ait besoin de formation pour cela. Soyons attentif à ce qui se passe sous nos yeux. Je pense que la priorité est là.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.