"100% des signalements transmis aux plateformes sont acceptés", assure une association de lutte contre le cyberharcèlement des jeunes

L'association e-enfance mène des actions de sensibilisation pour éviter le harcèlement scolaire qui se prolonge souvent en dehors de l'établissement, via les réseaux sociaux. 

La 4e journée contre le harcèlement scolaire est organisée le 8 novembre 2018 (illustration).
La 4e journée contre le harcèlement scolaire est organisée le 8 novembre 2018 (illustration). (MAXPPP)

À l'occasion de la 4e journée de lutte contre le harcèlement scolaire, des messages sont axés sur le cyberharcèlement. Souvent, le calvaire ne s'arrête pas aux portes de l'école, mais se poursuit via les réseaux sociaux. Un phénomène en hausse contre lequel lutte l’association e-enfance avec du soutien et de la prévention. 

Des conseils par des jeunes qui maîtrisent internet

Des stages de formation sont organisés pour les futurs intervenants de l’association en milieu scolaire. Chacun leur tour, ils prennent la parole comme s’ils étaient devant une vraie classe. "À ton avis, pourquoi est-ce que ça peut être dangereux d’avoir un compte public ?", demande l'un des stagiaires. Tous sont jeunes, comme Noëlla. "Un enfant aura plus de facilité à faire confiance, à parler à quelqu’un de son âge ou d’un peu plus grand, plutôt qu’à un adulte, qu'il va associer à ses parents. Nous, nous faisons plus office de grand-frère ou de grande sœur", estime la jeune fille. Ces jeunes gens, au contact facile, interviennent dans les classes pendant deux heures à la demande des établissements, pour discuter avec les enfants et adolescents, les sensibiliser, leur donner des informations pratiques pour se protéger sur internet. Alexis, leur formateur, ne voit pas le harcèlement comme une fatalité. "Nous sommes là pour que le problème n’arrive jamais. Et s’il est déjà arrivé, on le résout", indique-t-il. 

Par téléphone, par chat, sur les réseaux sociaux, les intervenants de l’association sont sur tous les fronts pour accueillir et orienter les victimes. Vincent et Raphaël sont de permanence. Ils parlent de cas, "le plus souvent, par webcam". "La personne se filme dans un cadre intime. L’autre personne la fait chanter, la menaçant de publier la vidéo", expliquent-ils.

Des interventions auprès des plateformes 

Partenaire du ministère de l’Éducation nationale, l’association e-enfance peut peser sur les réseaux sociaux pour faire cesser la diffusion d’images ou de commentaires qui constituent un harcèlement. Justine Atlan, la directrice de e-enfance affirme que les résultats sont probants. "Si on réussit à qualifier le signalement comme étant légitime et pertinent, par rapport aux manifestations de harcèlement qu’il peut y avoir, alors on va le transmettre à la plateforme concernée et elle va le traiter dans les heures qui suivent", détaille-t-elle. Après cette intervention, "99 fois sur 100", la plateforme va accepter la demande de retrait, de suppression. "Si ce n'est pas le cas, on va pouvoir passer en appel. La deuxième fois, en général, ça passe quoi qu’il arrive. Au bout du compte, 100% des signalements transmis aux plateformes sont traités et acceptés", assure Justine Atlan. 

L’association peut aussi s’adresser aux parents, parfois dépassés sur le plan technologique, afin qu’ils puissent mieux connaître les outils. Ils pourront ainsi fixer des règles, comme par exemple le retrait chaque soir, si nécessaire, des smartphones à leurs enfants. 

L'association e-enfance lutte le cyberharcèlement - un reportage de Grégoire Lecalot
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