Évaluation des élèves : toujours des notes et un nouveau livret scolaire

Ce n'est pas la fin des notes, loin de là. Najat Vallaud-Belkacem a présenté mercredi ses arbitrages sur l'évaluation des élèves et un brevet revisité. Un dossier sensible qui a poussé le ministère à opter pour les notes, un nouveau livret d'évaluation et plus de liberté pour les enseignants.

(Illustration : une institutrice d'Hebecrevon distribuant des cahiers à ses jeunes élèves © MaxPPP)

Le ministère de l'Education nationale a tranché, il y aura maintenant un nouveau livret obligatoire qui suivra les élèves du CP à la troisième et des notes. Des arbitrages ont été présentés ce mercredi matin par Najat Vallaud-Belkacem.

Dès la rentrée 2016, il y aura dans le livret scolaire à la fois des notes pour voir où en sont les élèves et des évaluations par compétence. Le but est de permettre aux élèves de mieux progresser et aux familles d'y voir plus clair. Le livret sera accessible en ligne pour tous les parents à la fin de chaque trimestre, sans pour autant faire disparaître les bulletins papier remis aux familles. Le gouvernement a souhaité qu'il soit simple pour les profs et pour les parents, il est donc composé de deux pages. 

L'élève garde son livret toute sa scolarité et peut voir ses progrès

En primaire, l'enseignant devra remplir tous les trois mois des cases sur le suivi des apprentissages en langage, en calcul ou en éducation artistique... En tout il y a 12 domaines. Dans le livret aucune note n'apparaît sauf si les enseignants le souhaitent. Au collège, les notes sont bien inscrites matière par matière. La moyenne de l'élève est indiquée à côté de la moyenne de la classe. Mais le ministère a aussi ajouté une fiche de maîtrise des compétences à la fin de la sixième et de la troisième.

"C'est bien parce que c'est une logique de progrès [...] et cette évaluation ne va rien cacher" Christian Chevallier de l'UNSA

Cette réforme laisse les enseignants assez libres, car ils peuvent choisir dans quelle mesure ils ont recours aux notes aussi bien au primaire qu'au collège. "Nous ne sommes pas passés d'un système avec notation à un système sans notation, nous avons décidé de laisser libre cours à la liberté pédagogique des équipes" , a expliqué la ministre à la presse. Mais pour autant cette nouvelle notation ne séduit pas tout le monde. Pour Christian Chevalier de l'UNSA, c'est la bonne méthode : "tout va être évalué [...] et au fond le ministère dit 'voilà la direction dans laquelle il faut aller' tout en ne brusquant pas la main à nos collègues".

"On est dans un révolution de velours" Christian Chevallier de l'UNSA
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En revanche, certains enseignants pointent des changements cocasses et difficiles à mettre en place. Par exemple, le brevet va quelque peu changer avec une nouvelle épreuve écrite en sciences et surtout une prise en compte de la nouvelle grille de maîtrise des compétences en fin de troisième. Une part du contrôle continue (400 points sur 700) portera sur l'acquisition de huit champs d'apprentissage. Tous ces acquis seront jugés de insuffisant (10 points) jusqu'à très bon (50 points).

Dans les faits, certaines compétences bien différentes les unes des autres vont être très difficiles à noter ensemble. Pour "langages du corps et des arts", comment les enseignants de sport et d'art plastique pourront juger le même élève ? Valérie Sipahi Malani du SNES, cette évaluation en fin de troisième "est illisible pour les parents et extrêmement difficile pour les enseignants".

"C'est du travail en plus pour les profs et on voit pas en quoi ça va aider" Valérie Sipahi Malani du SNES
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Toujours sur le brevet, la ministre a annoncé mercredi qu'elle souhaitait organiser une "cérémonie républicaine de remise des diplômes" le premier mercredi de septembre. 

Le gouvernement avait promis une évaluation bienveillante. Finalement il n'aura pas supprimé les notes, le but étant de ne pas brusquer les enseignants du secondaire qui tiennent toujours à ce système d'évaluation.