Education : fatigués, en colère, voire déprimés, seuls 22% des enseignants recommanderaient leur métier aux plus jeunes

Selon une étude menée par Unsa Education auprès de 43 000 enseignants, seuls 22% d'entre eux recommanderaient aujourd'hui leur métier aux plus jeunes. Ils sont cependant 92% à dire aimer leur profession.

Article rédigé par
Valentin Houinato - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Le baromètre de l'Unsa Education a été publié lundi après-midi. (VANESSA MEYER / MAXPPP)

De la "fatigue", de la "colère", de la "déprime". Ce sont les mots les plus cités par les enseignants pour décrire leur état d'esprit, dans une étude menée par le syndicat UNSA éducation et publié lundi 23 mai. Au total, 42 836 enseignants ont été interrogés entre le 7 avril et le 7 mai.

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Le premier constat est positif : 92% des enseignants interrogés disent aimer leur métier. Cependant, ils sont seulement 22% à se dire prêts à le conseiller à un jeune. À la question : "quels sont les mots qui caractérisent le mieux votre état d’esprit aujourd’hui ?", le mot "fatigue" arrive en premier, avec 58%.

"C'est un taux énorme", réagit Béatrice Laurent, secrétaire nationale du syndicat. Arrivent ensuite la colère, la résignation, la déprime, l'isolement. Il y a très peu de mots positifs, hormis 5% de personnes qui se disent optimistes, 2% qui se disent confiantes et sereines et 1% qui parlent de bien-être. On voit bien qu'il y a urgence à redonner de la reconnaissance et du respect à l'ensemble des personnels.

"Il faut vraiment changer de cap" 

Autre constat édifiant : la situation s'est détériorée au cours du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. À la question : "Ressentez-vous de la reconnaissance et du respect dans votre métier ?", ils étaient 42% à répondre oui en 2017. Cinq plus tard, ils ne sont plus que 27%. 

"Le changement est visible et progressif", estime Béatrice Laurent. C'est une tendance qui n'a fait que croître au cours du quinquennat. Avec la perspective des cinq nouvelles années à venir, il faudra réparer plutôt que persister dans les politiques qui ont été menées jusqu'à présent."

Dans ce baromètre, neuf enseignants sur dix estiment également que leur rémunération est trop faible. Ils sont 87% à être en désaccord avec les choix politiques concernant l'éducation. Il faut "vraiment un changement de cap", estime lundi sur franceinfo Claude Lelièvre, professeur honoraire d'histoire de l'éducation à Paris V et spécialiste des politiques scolaires.

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Pour le professeur, le nouveau ministre de l'Education nationale, Pap Ndiaye, devra donc "réparer à deux niveaux", "ce qui concerne la confiance et le fait d'être entendu. C'est un homme de dialogue, qui sait tenir ses nerfs, qui ne va pas courir les radios, chercher la publicité à tout prix".

Il l'appelle à "débloquer un budget pour des augmentations de salaires. S'il n'y a pas des signes extrêmement forts et un plan tout à fait élaboré, les enseignants risquent d'être déçus et d'entrer en déprime. Nous sommes vraiment dans une grande incertitude".

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