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Éducation à la sexualité : "On veut que l'État passe à l'action", lance Florence Thune, directrice générale de Sidaction

La directrice générale de l'association Sidaction, Florent Thune, attaque, avec le Planning familial, l'Etat en justice. Florence Thune souhaite que l'Etat applique à l'école la loi imposant l'organisation de trois séances d'éducation à la sexualité.
Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Collège à Toulouse. (photo d'illustration) (ADRIEN NOWAK / HANS LUCAS)

Les associations SOS Homophobie, Sidaction et le Planning familial prévoient d'attaquer l'État devant la justice administrative pour le contraindre à organiser chaque année au moins trois séances d'éducation à la sexualité à l'école, comme le prévoit la loi de 2001.

"Depuis plus de 20 ans, cette loi n'est pas appliquée", regrette ce jeudi sur franceinfo Florence Thune, directrice générale de Sidaction. "On veut que le gouvernement passe à l'action", poursuit-elle, convaincue que la non-application de cette loi entraîne "une dégradation des connaissances sur le VIH" chez les jeunes ainsi qu'une hausse des contaminations.

franceinfo : Pourquoi saisir la justice ?

Florence Thune : Depuis plus de 20 ans, cette loi n'est pas appliquée et depuis très longtemps, on réclame sa mise en application tout au long de la vie scolaire. Aujourd'hui, on veut arrêter de crier au loup. On veut que le gouvernement passe à l'action. À Sidaction, on constate une dégradation des connaissances sur le VIH parmi les jeunes. Les connaissances se dégradent, mais les chiffres des contaminations aussi. Depuis quelques années, la proportion de jeunes de moins de 25 ans parmi les personnes qui découvrent leur séropositivité augmente. On était à 11% en 2013, aujourd'hui, on est à 15%.

Comment expliquez-vous que ces trois séances par an ne soient pas mises en place ?

Plusieurs choses : un manque de volonté des établissements parfois, un manque de moyens surtout. Peut-être aussi une résistance, un tabou, à parler d'éducation à la sexualité, de la part des parents notamment. C'est un thème qui peut être compliqué à aborder quand on n'est pas formé. Pour toutes ces raisons, on constate à quel point il faut des moyens pour faire intervenir des associations pour parler de ces sujets, pour venir en renfort des professeurs, des infirmiers scolaires, car on sait à quel point le personnel éducatif est débordé.

Pourquoi un tel tabou ? Qu'enseigne-t-on exactement lors de ces séances d'éducation à la sexualité ?

Le ministère de l'Éducation nationale a un programme très précis adapté à chaque âge. À l'école primaire, on va parler de la relation aux autres, de respect, d'égalité entre filles et garçons, de prévention des violences sexuelles, car les enfants aussi sont victimes de violences sexuelles. On aborde les questions liées au respect de soi, de son corps, au fait de dire non. C'est important de commencer dès l'école primaire. Ensuite, au collège et au lycée, on parle des questions de consentement, des infections sexuellement transmissibles, de la contraception. Il y a énormément de thèmes abordés dans l'éducation à la sexualité à ne pas confondre avec l'éducation sexuelle au sens strict du terme.

Vous trouvez l'État frileux à avancer sur ces questions ?

L'État est frileux, c'est le moins qu'on puisse dire. On parle quand même d'une loi qui a 22 ans. On est satisfait de voir que le ministre de l'Éducation Pap Ndiaye s'engage sur cette question, qu'il montre une volonté de mettre en place ces séances, mais on sait à quel point il va falloir plus de moyens pour mettre en place ces trois séances par an.

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