Non, Edouard Philippe n'a pas vraiment banni l'écriture inclusive des textes officiels

La circulaire du Premier ministre, publiée au Journal officiel mardi 22 novembre, interdit le point médian dans les textes officiels, mais appelle à féminiser les fonctions et à utiliser davantage des formules neutres et inclusives. 

Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 20 novembre 2017 à Bobigny (Seine-Saint-Denis). 
Le Premier ministre, Edouard Philippe, le 20 novembre 2017 à Bobigny (Seine-Saint-Denis).  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)
avatar
franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le
publié le

L'annonce, relayée par de nombreux médias dont franceinfo, a relancé le débat sur le sujet. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a appelé "à ne pas faire usage de l'écriture dite inclusive" dans les textes officiels, dans une circulaire publiée au Journal officiel, mardi 22 novembre.

>> Tout comprendre à l'écriture inclusive

Pourtant, comme le relève le site d'information Slate.fr mercredi, le chef du gouvernement s'oppose en réalité davantage au point médian et à l'accord de proximité dans les textes officiels, mais promeut d'autres règles d'écriture inclusive dans sa circulaire publiée mardi. Edouard Philippe, plus inclusif qu'il n'y paraît ? Franceinfo fait le point sur les recommandations de cette circulaire.

Le masculin reste "une forme neutre" 

Dans cette circulaire, le Premier ministre annonce le refus de l'accord de proximité dans les textes officiels, qui consiste à accorder le genre d'un adjectif avec le nom le plus proche qu'il qualifie. Le 7 novembre dernier, 314 professeurs "de tous niveaux et tous publics" avaient annoncé l'adopter dans leur enseignement, dans une tribune publiée sur Slate.fr. "Nous (...) déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule 'le masculin l'emporte sur le féminin'", déclaraient-ils, suscitant l'ire du ministre de l'Education.

Pas de cela dans les textes officiels : la règle de grammaire ne change pas pour le gouvernement.

Dans les textes réglementaires, le masculin est une forme neutre qu'il convient d'utiliser pour les termes susceptibles de s'appliquer aussi bien aux femmes qu'aux hommes

Edouard Philippe

dans une circulaire du 21 novembre 2017

Les noms de fonctions doivent être féminisés

La circulaire appelle cependant à une féminisation des fonctions, lorsqu'elles sont citées dans des textes officiels. "Les textes qui désignent la personne titulaire de la fonction en cause doivent être accordés au genre de cette personne", demande Edouard Philippe. Par exemple, "la ministre", "la secrétaire générale", "la directrice", explique le Premier ministre. 

L'ensemble des fonctions "tenues par une femmes doit être systématiquement féminisé", poursuit le chef du gouvernement. Edouard Philippe appelle pour cela les autorités à se baser sur "Femme, j'écris ton nom", un guide d'aide à la féminisation des noms de métiers et fonctions (en PDF), publié par le Centre national de la recherche scientifique et l'Institut national de la langue française. 

Des formules inclusives sont à privilégier

Concernant les "actes de recrutement" et "les avis de vacances" publiés au Journal officiel, Edouard Philippe appelle à utiliser des formules neutres et inclusives, et non des termes masculins, afin "de ne pas marquer de préférence de genre". Le Premier ministre appelle ainsi à écrire "le candidat ou la candidate", plutôt que "le candidat".

Mais le point médian est à bannir 

La circulaire du chef du gouvernement confirme néanmoins l'interdiction du point médian dans les textes officiels. Edouard Philippe demande ainsi à ne pas avoir recours aux "pratiques rédactionnelles et typographiques visant à substituer à l'emploi du masculin, lorsqu'il est utilisé dans un sens générique, une graphie faisant ressortir l'existence d'une forme féminine". 

Les administrations relevant de l'Etat doivent se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques, notamment pour des raisons d'intelligibilité et de clarté de la norme.

Edouard Philippe

dans une circulaire, le 21 novembre 2017