École musulmane à Albertville : le maire va faire appel de la décision du tribunal administratif de Grenoble

L'élu s'oppose à la construction d'une école confessionnelle sur sa commune.

Article rédigé par
Avec France Bleu Pays de Savoie - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
La mairie d'Albertville, en mars 2020 (illustration). (MARIANNE YOTIS / RADIO FRANCE)

Frédéric Burnier-Framboret, le maire d'Albertville (Savoie), va faire appel de la décision du tribunal administratif de Grenoble, qui l'oblige à accorder un permis de construire pour une école musulmane, a-t-il annoncé à France Bleu Pays de Savoie mercredi 14 avril. L'élu s'oppose au projet d'école primaire porté par la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), proche de la Turquie. Une visioconférence est prévue vendredi 16 avril avec le ministère de l’Intérieur à ce sujet.

Faire appel, "c’est notre seul moyen" pour tenter "de refuser l’installation d’écoles", explique le maire d’Albertville. "De l'autre côté de la rue, on a l'école du Val-des-Roses, qui a 400 élèves aujourd'hui, qui est l'équivalent de ce qui est projeté d'être fait. Cette école-là est la plus grosse de Savoie, donc là, on est en face d'un projet qui aurait été potentiellement l'une des trois plus grosses du département", poursuit Frédéric Burnier-Framboret. "C'est un problème pour Albertville", affirme-t-il, en affirmant craindre des répercussions sur les autres établissements scolaires de la ville.

"Tous les ans, on croise les doigts pour que l'Éducation nationale ne nous demande pas de fermer des classes. Aujourd'hui, pouvoir autoriser de tels complexes scolaires, c'est contraire à ce qui se passe."

Frédéric Burnier-Framboret

Ce projet "ne peut qu’inciter au communautarisme". Le maire a même déposé un amendement lundi soir, pour permettre aux préfets de s’opposer à l'ouverture d’écoles hors contrat soutenu par un État étranger "hostile" à la République selon lui. Mais ce texte doit déjà être voté, avant d’être appliqué.

"Rien à voir avec la Turquie", selon le président de l'association

L’association Millî Görüs fait partie des fédérations à ne pas avoir signé "la charte des principes pour l'islam de France", mais Engin Seller, président de cette association à Albertville, affirme qu'il n'a "pas l’intention de faire une école communautariste ou islamiste".

À Albertville, l'association compte entre 250 et 300 membres, qui n'ont "rien à voir avec la Turquie", poursuit Engin Seller. "Cela fait plusieurs années que nous sommes là, est-ce qu’ils ont déjà vu des signes d’islamisme ?", interroge le président de l'association. "Ce n'est pas une école turque ou religieuse. C'est comme toutes les autres qui existent déjà : une école confessionnelle, comme en ont les catholiques ou les juifs. Il y en a déjà à Albertville et ça ne fait pas fermer les écoles publiques", rappelle Engin Seller. Cette école "va suivre le programme de l'Éducation nationale", promet le président de l'association à Albertville.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.