Des professeurs revendiquent leur liberté de critiquer l'exécutif avec le hashtag #JeSuisEnseignant

Ce mouvement intervient quelques jours après la convocation par le rectorat d'une professeure de Dijon (Côte-d'Or), qui avait critiqué Emmanuel Macron dans une tribune.

Un professeur, le 17 juin 2015 dans un établissement à Paris.
Un professeur, le 17 juin 2015 dans un établissement à Paris. (MARTIN BUREAU / AFP)

Ils ne veulent pas se taire. Des enseignants ont lancé le hashtag #JeSuisEnseignant sur les réseaux sociaux afin de revendiquer leur liberté de critiquer l'action de l'exécutif et de l'Education nationale. Ce mouvement intervient quelques jours après la convocation par le rectorat d'une professeure de Dijon (Côte-d'Or), qui avait critiqué Emmanuel Macron dans une tribune.

"#JeSuisEnseignant et je continuerai à m’informer, me former, partager, commenter, critiquer, argumenter, réfléchir, débattre, penser", écrit un professeur d'anglais au collège. "#JeSuisEnseignante et je considère que, que ce soit en prison ou à l'université, mon travail n'est pas seulement d'apporter des connaissances, mais de développer l'esprit critique. Ce qui implique de moi-même conserver et assumer une parole engagée et critique", écrit de son côté une enseignante-chercheuse.

Les messages des enseignants publiés avec ce hashtag critiquent à la fois une restriction de leur liberté d'expression, ainsi que les orientations du ministère de l'Education nationale. "Au titre de ses obligations statutaires, un professeur de la fonction publique d'Etat a un devoir de réserve sur la politique mise en œuvre par sa tutelle, a fortiori par le chef de l'Etat", rappelle Laurent Rabbé, avocat au barreau de Paris, spécialiste du droit de la fonction publique, à franceinfo.