Covid-19 : "Il faut aller beaucoup plus loin, avec des jauges de 50%" en présentiel pour l'ensemble des étudiants, réclame l'UNEF

"Il faut des moyens suffisants de la part de l'enseignement supérieur et du ministère pour mettre cela en place", affirme sur franceinfo Maryam Pougetoux, vice-présidente du syndicat étudiant.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Les étudiants de l'université de Toulouse lors d'une manifestation pour exiger la reprise des cours en présentiel, le 21 janvier 2021, sur la place du Capitole à Toulouse (Haute-Garonne). (GEORGES GOBET / AFP)

Les cours en présentiel dans les universités reprennent progressivement depuis lundi 25 janvier pour les étudiants de première année. Invitée de franceinfo lundi 25 janvier, Maryam Pougetoux, vice-présidente de l’UNEF (Union nationale des étudiants de France), demande au gouvernement d'aller "beaucoup plus loin" et réclame des "jauges de 50% de présentiel", pour l'ensemble des étudiants.

>> Suivez les dernières informations sur la pandémie de Covid-19 dans notre direct.

franceinfo : Est-ce que les étudiants qui ont pu reprendre en présentiel sont venus ?

Maryam Pougetoux : Les étudiants reviennent parce que la globalité a envie de revenir en cours et voir leur prof, sachant qu'aujourd'hui ce sont uniquement les étudiants de première année. Les retours sont difficiles quand on n'a pas mis les pieds à la fac depuis la rentrée. Pour les L1 notamment, c'est tout un nouveau monde, c'est comme si on revenait à la rentrée de septembre où ils découvraient leur campus universitaire, donc forcément, ce n'est pas simple. De même que pour les établissements, ce n'est pas simple à organiser étant donné toute la logistique qu'il y a derrière, car l'annonce a été faite extrêmement tardivement. Forcément, les établissements doivent revoir toute leur logistique, sachant que, par exemple, la rentrée universitaire de septembre se prépare des mois à l'avance. Là, les établissements doivent faire au compte-gouttes et aussi au fur et à mesure des annonces. Donc, c'est forcément beaucoup plus compliqué. Et je peux comprendre effectivement que les services soient surchargés et qu'au niveau santé mentale, ça sera difficile tant pour les professeurs que pour les étudiants et les personnels administratifs.

Il y a un réel risque de décrochage scolaire pour beaucoup d'étudiants ?

Oui, effectivement, sur une de nos sections locales à Sorbonne Université, on a fait un sondage auprès des étudiants et un étudiant sur six aurait décroché. Ce n'est pas représentatif au niveau national, mais ça peut donner la tendance qu'effectivement, des étudiants se sentent en situation de décrochage, avant même cette rentrée-là. On pense surtout à tous les étudiants qui ne sont pas en L1, et qui sont en L2, L3 et en master et qui ne sont toujours pas revenus sur les bancs de l'université. Pour eux, le plus tôt sera le mieux. C'est un bon premier pas pour les L1. Par contre, ça doit aller beaucoup plus loin, c'est pas suffisant. On pense qu'un jour par semaine, ce n'est pas suffisant non plus.

"Nous, ce qu'on veut, ce sont des jauges de 50%, avec une semaine en présentiel et une semaine en distanciel, avec des moyens pour les établissements universitaires et un protocole sanitaire strict."

Maryam Pougetoux, vice-présidente de l’UNEF

à franceinfo

Et bien sûr, actuellement, on parle beaucoup de troisième confinement, ce qu'on veut, c'est que les universités restent ouvertes et qu'on ne bouge pas parce que les étudiants ne peuvent plus tenir à distance depuis presque un an maintenant.

En Bretagne, une maître de conférence a organisé deux cours en présentiel la semaine dernière avant d'être convoquée ce matin par sa direction, qu'est-ce que cette initiative vous inspire ?

Si les professeurs vont jusqu'à, eux-mêmes, appeler leurs étudiants à revenir en présentiel pour faire leurs cours, c'est vraiment que nous sommes dans une situation extrêmement critique. Il faut aussi qu'on parle, par exemple des classes préparatoires, des BTS qui sont en présentiel depuis la rentrée, et dans lesquels les protocoles ne sont pas forcément bien respectés. Ce qu'on voudrait, c'est qu'on puisse revenir en présentiel avec un protocole sanitaire et 50% de jauge dans les salles. C'est possible, on sait que c'est possible. Par contre, derrière il faut des moyens suffisants de la part de l'enseignement supérieur et du ministère pour mettre cela en place. Par exemple, il faudra titulariser plus de contractuels, distribuer des masques gratuitement aux étudiants avec du gel hydroalcoolique. Toutes ces mesures-là doivent accompagner les établissements universitaires pour mettre en place cette rentrée là. Sinon, ça serait effectivement infaisable.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.