"Personne ne parle français" : pour attirer des étudiants étrangers, les universités algériennes vont désormais préférer l'arabe et l'anglais

Le ministre de l'Enseignement supérieur a décidé de passer à l'anglais pour les documents administratifs. Une mesure qui divise les étudiants en Algérie. 

L\'université d\'Alger lors des manifestations contre le président Abdelaziz Bouteflika. 
L'université d'Alger lors des manifestations contre le président Abdelaziz Bouteflika.  (BILLAL BENSALEM / NURPHOTO)

Le français bientôt remplacé par l'anglais dans les universités algériennes ? Au début du mois de juillet, le ministre de l’Enseignement supérieur d'Algérie a lancé un sondage sur les réseaux sociaux, accompagné d’une campagne de communication pour savoir s'il faut plus d’anglais à la fac. Tayeb Bouzid a déjà multiplié les déclarations en estimant que le français "ne menait à rien".

Certains documents administratifs désormais en anglais 

En pleine polémique sur la question de la langue française, le ministre de l'Enseignement supérieur a déjà annoncé une première mesure. Les en-têtes des documents administratifs devront être en arabe et en anglais. "Si on met en ligne les modules enseignés en langue arabe il y a 200 ou 300 millions de personnes qui vont les lire. Si on les met en français, personne ne parle français, estime Tayeb Bouzid. Si nous voulons que les étudiants étrangers viennent, il faut utiliser la langue anglaise", conclut-il. 

Ce n’est pas la première fois qu’un gouvernement proclame que le français va être remplacé par l’anglais. Yassine, étudiant en microbiologie, est plutôt dubitatif. "C'est du pur populisme pour mettre dans leurs poches les arabophones parce que cette réforme touche uniquement les papiers officiels des universités. Ils ne touchent pas au programme", affirme le jeune homme. 

Les étudiants mitigés 

Fella, étudiante également, estime en revanche que la société a changé et qu’il faut désormais maîtriser l’anglais. "Je trouve que c'est plus utile. D'ailleurs maintenant plusieurs postes de travail cherchent la langue anglaise". Reste une question à trancher : comment les autorités envisagent-elle ce changement ? Le ministre n’a annoncé aucune réforme des programmes. 

Le reportage en Algérie de Leïla Beratto
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