Couple d'enseignants menacés de mort à Marseille : "Il y a eu de la réactivité de la part de l'Education nationale", salue le syndicat Snes-FSU

Alors qu'une enquête a été ouverte lundi à Marseille parce qu'un couple d'enseignants a été menacé de mort, "il semble que les choses soient plutôt bien prises en main", s'est félicité sur franceinfo Sophie Venetitay, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU.

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Radio France
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Un instituteur dans sa classe de CE2 à l'école André-Boulloche de Montbéliard (Doubs), le 2 septembre 2021 (illustration). (LIONEL VADAM  / MAXPPP)

Une enquête a été ouverte lundi 18 octobre à Marseille après qu'un couple d'enseignants a reçu des menaces de mort et une photo de Samuel Paty dans sa boîte aux lettres. "Il y a eu de la réactivité de la part de l'Education nationale", a salué sur franceinfo Sophie Venetitay, secrétaire générale du syndicat Snes-FSU, et "une réaction du côté de la justice et de la police". Elle a cependant insisté sur la nécessité "que cela se passe sur la durée".

franceinfo : Quelles sont les procédures d'accompagnement dans ce type de situation et vous paraissent-elles suffisantes ?

Sophie Venetitay : Quand une telle menace est avérée, toute une procédure se met en place à travers le chef d'établissement et le rectorat, qui va ensuite contacter la police et la justice. Il y a eu de la réactivité de la part de l'Education nationale via des échanges très rapidement avec les collègues, des propositions dont des formes de protection. On sait aussi qu'il y a une enquête en cours, cela veut dire qu'il y a aussi eu une réaction du côté de la justice et de la police. Il semble donc que les choses soient plutôt bien prises en main. Cependant, il faut absolument que cela se passe sur la durée, que les auteurs soient arrêtés très rapidement, pour que nos collègues puissent retrouver une réelle sérénité dans leur vie personnelle et professionnelle.

Comment entourer ce couple d'enseignants protégés en attendant les conclusions de l'enquête ?

On leur a fait savoir qu'on était à leurs côtés. Quand on exige une forme de protection, cela veut dire s'assurer que tout soit fait pour qu'il n'y ait pas de risque d'intrusion aux abords de l'établissement, les protéger aussi aux abords de leur domicile, s'assurer que plus personne ne soit en mesure de poster des menaces dans leur boîte aux lettres... C'est aussi faire preuve d'une forme de discrétion. On sait qu'il ne faut pas trop exposer leur identité, ni leur établissement. C'est aussi ce que l'on demande, une forme de discrétion et de décence aussi autour de l'enquête qui est en cours.

Le rectorat précise que le couple a été pris en charge par le service des relations et des ressources humaines de l'académie d'Aix-Marseille. Quelle est la signification concrète pour eux ?

Ce sont des conseils juridiques ou des contacts qui sont donnés par différents services du rectorat. Cela peut être un service d'aide psychologique ou d'assistance juridique. Ce sont toutes sortes de contacts qui doivent permettre aux collègues d'essayer de faire au mieux dans une situation qui est très difficile. Il y a aussi des contacts qui peuvent être donnés avec la police ou la justice pour faire en sorte d'être le mieux protégé possible. C'est un ensemble d'acteurs qu'Il faut arriver à mettre en relation et, là-dessus, il nous semble que sur ces premiers jours, la réponse a été plutôt bien faite. Il faut cependant qu'elle continue sur les prochains jours et les prochaines semaines.

Est ce que d'autres cas de ce type ont été remontés ou portés à votre connaissance ?

À notre connaissance, sur ces dernières semaines, il n'y a pas eu d'autres cas que celui de Marseille. Dans ce genre de situation, il y a deux possibilités. Parfois, on est alertés par nos collègues qui nous demandent ce qu'ils peuvent faire : quels sont leurs droits, qui doivent-ils contacter ? Dans ces cas-là, on les accompagne dès le début de la procédure en les orientant vers le rectorat et la police, et en les accompagnant au mieux. Parfois, on l'apprend aussi par le rectorat. Et là, on est en mesure d'exiger un certain nombre d'actes extrêmement concrets pour accompagner du mieux possible les collègues avec, pourquoi pas, des aides aussi juridiques et un accompagnement psychologique, parce que c'est un événement traumatisant de recevoir ce genre de menaces.

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