Classement Pisa : Singapour en tête grâce à la "méthode de Singapour"

Le classement Pisa 2015, dévoilé mardi, est dominé par Singapour. Les élèves français âgés de 15 ans se situent dans la moyenne, mais se distinguent par le poids des origines sociales dans leurs résultats. Selon Jean Nemo, directeur de la Librairie des écoles, qui édite des manuels utilisés à Singapour. Pour lui, le résultats de ce classement s'explique par "la méthode de Singapour".

Des élèves du collège Guillaume-Apollinaire, dans le 15e arrondissement de Paris, le 1er septembre 2016.
Des élèves du collège Guillaume-Apollinaire, dans le 15e arrondissement de Paris, le 1er septembre 2016. (MAXPPP)

Singapour caracole en tête de l'enquête Pisa 2015 (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) dévoilée mardi 6 décembre.

Les élèves français affichent, eux, des performances dans la moyenne de leurs pairs des pays de l'OCDE. Mais une fois encore, la France se distingue par le poids de l'origine sociale sur les résultats de ses enfants. Selon Jean Nemo, directeur de la Librairie des écoles, invité de franceinfo mardi, cela s'explique par "la méthode de Singapour".

franceinfo : Par quel mécanisme, Singapour, qui était au fond du classement dans les années 1990, a-t-il pu remonter à la première place ?

Jean Nemo : Cela est lié à la méthode de Singapour : on traite moins de sujets mais en profondeur, donc on va s’attarder par exemple pendant deux mois au CP sur l’addition pour explorer toutes les représentations de l’addition. Cette méthode est centrée sur la résolution de problèmes.

Donc dès les petits nombres, on va apprendre aux élèves une méthode de raisonnement. Cette méthode s’inspire aussi de la pédagogie de Jérôme Bruner ou de Maria Montessori en faisant un glissement progressif de l’abstrait au concret. Toutes les nouvelles notions passent par une phase de manipulation concrète.

Pourquoi les élèves sont-ils invités à dessiner l'énoncé du problème ?

C'est ce que l’on appelle le modèle en barre. Dès le CE1, on va apprendre aux élèves une méthode de résolution de problèmes en les encourageant à représenter sous forme de petites barres de couleur les données d’un problème.

Au début, le travail est collectif, il se fait par le dialogue en classe, pendant lequel le professeur au tableau réfléchit à voix haute. Cette méthode est très efficace, très motivante pour les enfants. Elle leur permet de comprendre aussi qu’il y a plusieurs schémas qui permettent de résoudre un même problème et donc de s’autoriser des erreurs et des tâtonnements. Ce qui est très important en mathématiques.

Cette méthode est-elle appliquée en France ?

Je la publie depuis 2008 en France. Aujourd’hui, le succès de cette méthode est croissant. On a formé plus de 500 professeurs ces deux dernières années. Elle remporte un succès, y compris dans les écoles issues de milieux défavorisés parce qu’il y a une grande différenciation qui est conduite tout au long de la scolarité de la grande section de maternelle à la terminale.