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Ecotaxe : le gouvernement "entend" la fronde, mais ne recule pas

La tension est retombée en Bretagne. Après des affrontements particulièrement violents samedi à Pont-de-Buis (Finistère) entre forces de l'ordre et opposants à l'écotaxe poids lourds, les manifestants ont quitté les lieux dans la nuit. Ce dimanche matin, Pierre Moscovici a annoncé que des "ajustements" seraient faits, mais n'a pas remis en cause l'entrée en vigueur de la mesure fiscale.
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Radio France
Publié Mis à jour
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  (François Destoc Maxppp)

Les tracteurs sont partis et les derniers manifestants rentrés chez eux un peu avant minuit samedi. Ils avaient tenu le siège depuis le matin pour tenter de faire tomber le portique écotaxe de Pont-de-Buis, le dernier encore en état
de fonctionner dans le Finistère.

Leur combat contre cette taxe environnementale, inscrite en 2009 dans la loi Grenelle 1 et qui entrera en vigueur le 1er janvier
prochain, n'est pas terminé pour autant. Les anti-écotaxe se sont donnés rendez-vous samedi prochain pour le rassemblement régional. Et "ce n'est que reporté pour le portique ", a prévenu Olivier Billon, président des Jeunes agriculteurs (JA) du Finistère.

Un manifestant a la main arrachée par une grenade

Organisée à l'appel du "collectif pour l'emploi
en Bretagne", la manifestation a rassemblé plus d'un millier de personnes, la plupart des agriculteurs, venus avec 250 camions et remorques chargées de pneus, de paille et de choux-fleurs, qu'ils ont déversé devant les quelque150 gendarmes mobiles qui leur faisaient barrage.

La journée a aussi et surtout été marquée par des affrontements avec les forces de l'ordre. Bilan, trois blessés, dont un grave, un manifestant, qui selon des
témoins a eu la main arrachée alors qu'il tentait de prendre une grenade
envoyée par les gendarmes pour disperser la foule survoltée. Un autre, touché par un tir de Flashball, est sorti de l'hôpital dans la soirée. Un
gendarme a également été blessé à la jambe par un projectile.

Le gouvernement "entend", mais ne recule pas

Malgré le vent de révolte qui souffle sur la Bretagne, déjà en proie à de graves difficultés économiques,  Pierre Moscovici, a décidé de maintenir au 1er janvier la date d'entrée en vigueur de l'écotaxe. Il a toutefois assuré que de nouvelles adaptations seraient faites.

"Le gouvernement entend, le gouvernement dialogue, le gouvernement a déjà pris des adaptations ", a déclaré le ministre de l'Economie. Prié de dire si l'exécutif était susceptible de reculer, comme il vient de le faire sur l'épargne, il a évoqué de nouvelles propositions qui tiendront compte "des colères et des inquiétudes ". 

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