Vidéo Violences sexistes dans le journalisme sportif : Roxana Maracineanu remercie les femmes qui ont témoigné

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À la suite de la diffusion du documentaire "Je ne suis pas une salope, je suis journaliste", la ministre des Sports met les employeurs, qui laissent "à l'antenne" et " légitiment" ainsi des hommes comme Pierre Ménès, face à "leurs responsabilités". "On vit dans une autre époque, il faut que ça change."

"Je leur dis merci d'avoir parlé, d'avoir soulevé ce sujet comme ça s'est fait aussi dans d'autres secteurs d'activité dans notre pays", a réagi jeudi 25 mars sur franceinfo Roxana Maracineanu, ministre déléguée chargée des Sports à propos du témoignage des journalistes sportives et leur combat souvent terrible pour la parité dans le documentaire de Marie Portolano diffusé sur Canal +.

À ces femmes qui parlent, vous dites quoi ? Et vous, en avez-vous été témoin ou victime de ces gestes ou de ces mots ?

Roxana Maracineanu : Je leur dis merci d'avoir parlé, d'avoir soulevé ce sujet comme ça s'est fait aussi dans d'autres secteurs d'activité dans notre pays. C'est vrai que dans notre secteur de manière large, la mixité, la parité est un véritable enjeu. J'ai été spectatrice, bien sûr, en tant qu'amateur et amoureuse de sport, en tant que sportive aussi, de voir que le sport était traité majoritairement par des hommes. C'est vrai que lorsqu'on est une femme ou sportive, on est moins attiré par le traitement de cette information sportive. On a l'impression que le sport, c'est quelque chose qui concerne les garçons, les hommes. Or moi aujourd'hui, en tant que ministre, c'est tout l'enjeu que je porte, c'est démocratiser le sport en France. C'était le titre de la loi qui a été portée par les parlementaires la semaine dernière où nous avons acté la parité à un niveau national dans les fédérations. C'est important parce que derrière ça rejaillit lorsque les jeunes filles entendent parler de sport avec des voix, avec des points de vue féminin, ça enrichit d'une part l'offre sportive, l'intérêt pour le sport et ça rejaillit derrière sur les pratiquants. Et finalement, c'est une question d'égalité des chances. On est moitié moitié dans notre société, tout le monde a le droit d'aimer le sport, d'en être passionné, de le pratiquer.

En censurant une partie du documentaire "Je ne suis pas une salope" pour protéger Pierre Ménès, directement mis en cause, Canal a finalement mis en lumière les agissements du journaliste sportif. Que pensez-vous de toute cette affaire ?

Aujourd'hui, ce cas-là, précisément, je pense, concerne l'employeur de Pierre Ménès comme cela concerne les employeurs et ceux qui sont en responsabilité de mettre à l'antenne, de favoriser, d'accréditer et de légitimer la présence de personnes qui pensent cela aujourd'hui.

Il faut que ça se règle entre l'employeur et ce journaliste, comme c'est le cas dans les fédérations où toutes les affaires de situations problématiques de violences sexuelles ont émergé.

Roxana Maracineanu, ministre déléguée chargée des Sports

à franceinfo

Il faut qu'à un moment les personnes prennent leurs responsabilités. On vit dans une société où ce type de questions et ce type de réponses n'a plus sa place.

S'il vous avait fait ça, à vous, Pierre Ménès à l'époque, comment vous auriez réagi ?

Je n'arrive même pas à imaginer et c'est ce qui ressortait aussi de ce reportage, c'est-à-dire que toutes ces filles se posaient la question de pourquoi elles n'avaient pas réagi de la même manière qu'elles réagissent aujourd'hui. Mais je crois que ce n'est pas la question à se poser. Maintenant, c'est le moment d'en parler. L'opinion publique est là pour entendre la parole des femmes et ces signalements qu'elles font aujourd'hui parce que ce sont des véritables signalements pour moi. Donc il faut les prendre en considération, évoluer avec son temps et permettre à toutes ces femmes qui ont mené des combats, comme on l'a vu, les premières qui ont été sur les plateaux télé, Marianne Mako et les autres femmes de l'époque, qui se sont fait humiliées par ces hommes qui étaient sur ces plateaux. Ça en fait, ça ne doit plus exister.

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