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Vidéo #DoublePeine : "Je crois que ce serait bien, maintenant, qu'on nous écoute"

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Humiliées, culpabilisées... Avec le hashtag #DoublePeine, de nombreuses victimes d'agressions sexuelles dénoncent la façon dont elles ont été reçues dans les commissariats. Voici quelques-uns des nombreux témoignages recueillis.

Jeudi 30 septembre, l'activiste féministe Anna Toumazoff a reçu un témoignage qui l'a laissée sans voix. "C'est une jeune fille de 19 ans qui a été violée et qui, directement, a voulu aller porter plainte auprès du commissariat central de Montpellier et qui a été reçue par une policière qui lui a demandé si elle avait joui, si elle avait eu du plaisir, des choses assez compliquées", rapporte-t-elle. Anna décide alors de partager le témoignage sur les réseaux sociaux et en reçoit des centaines d'autres dans la foulée.

#DoublePeine, un hashtag pour dénoncer

Anna Toumazoff a lancé le hashtag #DoublePeine pour dénoncer le mauvais accueil des victimes d'agressions sexuelles dans les commissariats. "J'ai vu, au travers de différentes affaires que j'ai pu porter, que ce soit Uber, Sciences Porcs ou maintenant Double Peine, on n'est pas reçues, on n'est pas écoutées et on n'est pas considérées. Parce que c'est comme s'il y avait une espèce de rivalité entre la société civile et la société politique, et ce n'est pas censé être le cas", regrette l'activiste. Le préfet de l'Hérault a condamné ces "propos diffamatoires".

... et pour faire bouger les choses ?

Avec #DoublePeine, Anna espère obtenir plusieurs choses : le respect de l'article 15.3 du Code de procédure pénale. Ce dernier impose aux officiers et agents de police de recevoir les plaintes déposées par les victimes d'infractions à la loi pénale, y compris lorsque ces plaintes sont déposées dans un service ou une unité de police judiciaire territorialement incompétents. Puis, elle demande à ce qu'un milliard d'euros soit alloué à la lutte contre les violences sexistes. Aussi, Anna appelle à ce qu'il y ait davantage de contrôles, comme c'est le cas dans l'Éducation nationale, "qu'il y ait des contrôles avec des victimes mystères dans les commissariats, qu'on voit vraiment, de façon pratique, comment on traite les victimes de violences sexistes et sexuelles dans ces commissariats", précise Anna. Enfin, la jeune activiste imagine la création d'un réseau d'accompagnatrices "qui sont formées spécialement pour ça, dans les cas de dépôt de plainte pour viol et qui peuvent accompagner les victimes."

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