VIDEO. Budget dédié aux violences conjugales : "Je n'ai cessé de le faire augmenter", assure Marlène Schiappa

La secrétaire d'État à l'Egalité entre les femmes et les hommes était l'invitée de France Inter mardi matin. 

FRANCE INTER

"Je n'ai cessé de faire augmenter le budget" dédié à la lutte contre les violences conjugales, a déclaré Marlène Schiappa sur France Inter mardi 26 novembre. La secrétaire d'État à l'Egalité entre les femmes et les hommes répondait aux critiques des associations qui pointent que les mesures présentées à l'issue du Grenelle se font à budget constant.

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"Aucune association nationale qui accueille des femmes victimes de violences conjugales n'a eu de baisse de subvention, au contraire, il y a eu une augmentation moyenne de 21%", a répondu Marlène Schiappa, sans donner précisément la période concernée. "Parfois ce n'est pas une question de moyens mais de volonté politique", prenant l'exemple des téléphones grave danger : "Ils sont financés par l'État mais un tiers d'entre eux ne sont pas attribués faute de décisions de justice".

Marlène Schiappa répond au collectif #NousToutes

"Parler d'escroquerie, pour moi c'est aller un tout petit peu trop loin", a ajouté Marlène Schiappa alors que le collectif #NousToutes a qualifié "d'escroquerie" la présentation par le Premier ministre d'un budget d'un milliard d'euros dédié à l'égalité femme-homme. Selon le "document de politique transversale", un document budgétaire qui détaille les actions des ministères en faveur de cette cause, 1,116 milliard d'euros seront engagés pour l'égalité entre les sexes en 2020. Néanmoins, quelque 830 millions de cette somme sont dédiés à la "solidarité" et "l'aide économique" aux pays en développement, et donc destinés à l'étranger, selon un décompte fait par l'AFP au moment de sa publication mi-octobre.

"Depuis 2012, le budget [dédié à lutter contre les violences faites aux femmes en France, NDLR] a été multiplié par deux", a enchéri la secrétaire d'État : "J'ai rajouté 800 000 euros pour les Outre-Mer, le ministère de la Justice a rajouté cinq millions d'euros pour les bracelets anti-rapprochement, quatre millions d'euros pour les campagnes de prévention qui interpellent les témoins, un million d'euros pour créer le fonds Catherine contre les féminicides qui vient en réparation pour les toutes petites associations ultralocales. Moi je suis fière que la France soit le premier pays du monde à financer le fonds Mukwege, qui répare les femmes victimes de viols de guerre au Congo, et à accueillir des femmes Yézidies", a conclu Marlène Schiappa. 

Le secret médical "préservé"

La possibilité laissée au médecin de "déroger" au secret médical en cas d'urgence pour une femme victime de violences "sera laissée à l'appréciation du soignant", a indiqué également la secrétaire d'État à l'Egalité entre les femmes et les hommes. Cette mesure a aussi été proposée par le gouvernement lundi, à l'issue du Grenelle sur les violences faites aux femmes.

"Je comprends qu'on se dise que les femmes ne pourront plus avoir confiance" en leur médecin, a réagi Marlène Schiappa, "c'est pour cela qu'on préserve le secret médical. Mais quand la vie d'une femme est en danger, je crois que la priorité, c'est de sauver la vie de cette femme", a-t-elle ajouté, "en prévenant la femme évidemment".

Je ne fais pas à la place des médecins, je fais des politiques publiques. La nôtre, c'est celle du principe de précaution et de la tolérance zéro. Quand une femme est en danger de mort et qu'un tueur l'attend chez elle, je crois que c'est une responsabilité citoyenne de faire que cette femme ne soit pas tuée.

Marlène Schiappa

En cas de refus de la patiente que le procureur soit prévenu, Marlène Schiappa a estimé que "c'est à chacun de prendre ses responsabilités. On ne peut pas dire qu'on va transformer la société sans rien bousculer".

Marlène Schiappa, invitée de France Inter, mardi 26 novembre.
Marlène Schiappa, invitée de France Inter, mardi 26 novembre. (FRANCE INTER)