Reportage Espagne : une campagne du gouvernement pour l'acceptation de "tous les corps" à la plage, contre les stéréotypes et les discriminations

C'est le carton du mois sur les réseaux sociaux en Espagne : une campagne ministérielle qui promeut la diversité du corps des femmes sur les plages. La campagne ravit sur les plages, et place une fois de plus l'Espagne comme championne européenne de la lutte contre le sexisme.

Article rédigé par
Henry de Laguérie, édité par Théo Uhart - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
La campagne du ministère de l'Egalité espagnol en faveur de la représentation de tous les corps de femmes. (Ministère de l'Egalité en Espagne / DR)

Sous le soleil éclatant de Barcelone, Rebecca, 24 ans, bronze à la plage avec deux copines, en écoutant le dernier tube de Rosalía. Comme beaucoup, elle a vu passer sur Instagram la dernière campagne du ministère de l'Egalité, "El verano también es nuestro" [littéralement : "l'été est aussi à nous"]. Devenue virale sur les réseaux sociaux, elle défend la diversité des femmes à la plage et promeut ce qu’on appelle le "body positive", un mouvement en faveur de l’acceptation de tous les corps.

Et au cœur de l’été, cette campagne semble viser juste. "C’est très bien !, abonde Rebecca. Les femmes doivent pouvoir se sentir à l’aise et sans complexes quand elles viennent à la plage. C’est le message que défend cette campagne."

"Avant il y avait beaucoup plus de tabous au moment de mettre un maillot de bain si tu t’épiles ou pas, si tu as une cicatrice, si tu as de la cellulite… Aujourd’hui ça s’est normalisé !"

Rebecca

à franceinfo

"Il y a encore beaucoup de préjugés"

Cette campagne montre des femmes de tous âges en maillot de bain avec des corps très différents. Une n’est pas épilée, une autre, qui a subi une ablation du sein, ne porte pas de haut de maillot. Deux autres sont en surpoids. Des corps banals, loin des stéréotypes sur le corps féminin. La ministre de l'Egalité en Espagne, Irene Montero, s'est félicitée du lancement de cette campagne, devenue virale en quelques instants seulement.

Pas étonnant pour Daniela, pour qui la pression sur les femmes reste très fort à la plage : "J’aime bien cette campagne ! Elle est nécessaire car les femmes vivent encore avec cette angoisse de ne pas être assez bien, de ne pas en faire suffisamment pour être à hauteur des critères de la société actuelle. On se sent montrées du doigt, on est "trop grosse", "trop maigre"... Il y a encore beaucoup de préjugés, mais je crois que les femmes sont beaucoup plus émancipées qu’avant."

"Avant, je n'osais pas" aller à la plage

Un peu plus loin, assise sur une chaise pliante, Maria, retraitée, a trouvé un coin d’ombre. Pendant longtemps elle n’est pas allée à la plage. Elle souffre d'obésité, selon ses termes, et elle avait des complexes. "Avant, je n’osais pas, raconte-t-elle. Mais maintenant oui. Il y a plus de liberté et chacun vit et profite de la plage à sa manière."

La campagne du gouvernement vient aussi rappeler que l’Espagne est aujourd’hui un exemple à suivre en Europe pour les droits des femmes. Clara est une jeune Lilloise en vacances. Pour elle l’Espagne a un temps d’avance.

"Les filles sont beaucoup plus à l'aise, elles vont porter des jupes plus courtes, alors qu'en France, si on s'habille comme ça, on sent tout de suite qu'on est beaucoup plus regardées, on peut être jugées."

Clara, Lilloise en vacances à Barcelone

à franceinfo

Cet été, la mairie de Barcelone a même installé des stands anti-machistes sur la plage et à proximité des discothèques pour prévenir les violences sexistes et sexuelles. L'Espagne, définitivement, a décidé de se poser en championne européenne de la lutte pour les droits des femmes.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Egalité femmes-hommes

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.