"On aimerait que notre gouvernement arrête ce massacre" : un collectif de proches de victimes de féminicides lance un appel à l'exécutif

Le Collectif des proches et familles de victimes de féminicides a décompté 70 femmes tuées depuis le début de l'année 2019 par leur conjoint ou ex-conjoint.

Une marche blanche samedi 9 mars en Seine-et-Marne, en hommage à Julie Douib, jeune femme décédée après avoir été abattue à l\'Ile-Rousse (Haute-Corse). Son ex-conjoint est soupconné d\'être l\'auteur des coups de feu. 
Une marche blanche samedi 9 mars en Seine-et-Marne, en hommage à Julie Douib, jeune femme décédée après avoir été abattue à l'Ile-Rousse (Haute-Corse). Son ex-conjoint est soupconné d'être l'auteur des coups de feu.  (LAURENT PAILLIER / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Soixante-dix femmes sont mortes depuis le début de l'année 2019, tuées par leur conjoint ou ex-conjoint selon le Collectif des proches et familles de victimes de féminicides. Pour tenter d'éviter ces drames, ce collectif lance dimanche 30 juin, dans le journal Le Parisien, un appel à destination du gouvernement.

"On aimerait que notre gouvernement nous entende et arrête ce massacre", affirme sur franceinfo Céline Lolivret, porte-parole du Collectif des proches et familles de victimes de féminicides. "On aimerait sortir du silence en tant que familles de victimes de féminicides. Aujourd'hui, aucun de nos ministres et notre président ne parlent des féminicides", déplore Céline Lolivret. "Toutes les femmes qui sont décédées ont en moyenne porté plainte quatre à cinq fois", souligne la porte-parole. "Aujourd'hui, quand une femme va porter plainte, sa plainte se transforme en main courante. On aurait peut-être pu éviter ces drames", se désole-t-elle.

Un rassemblement le 6 juillet à Paris

Le Collectif des proches et familles de victimes de féminicides en appelle à un grenelle des violences faites aux femmes pour que toutes les parties prenantes (police, justice, Éducation nationale, services sociaux, associations...) agissent ensemble, "pour protéger toutes ces femmes qui viennent porter plainte", et notamment pour qu'il y ait "des moyens pour décharger quelqu'un dans chaque commissariat pour l'accueil fait aux femmes battues", précise Céline Lolivret.

Il faut qu'ils nous entendent. Que ce ne soit pas anodin tous ces meurtres tous les deux joursCéline Lolivretà franceinfo

Le Collectif appelle également à un rassemblement le samedi 6 juillet 2019 à Paris, à 17h, pour attirer l'attention sur les victimes de féminicides. En présence de la comédienne Muriel Robin, le collectif réunira les familles de victimes de féminicides et toutes les associations de femmes qui luttent contre les violences. "Les noms des 70 femmes mortes depuis le début de l'année seront évoqués", détaille Céline Lolivret, et "les 15 revendications seront énoncées". Le collectif espère être reçu par un ministre ou par le président de la République.