Législatives : pour certains partis, la parité, ça reste "parfois compliqué"

Les partis doivent présenter autant d'hommes que de femmes, sous peine de pénalités financière sur le financement public qu'ils peuvent percevoir.

Article rédigé par
Margot Turgy - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des membres d'un parti politique au premier rang d'un meeting (illustration). (MAXPPP)

C'est une condition à remplir par les partis politiques pour les élections législatives : respecter la parité. Depuis 2014, la règle est de ne pas dépasser 2% d'écart entre le nombre d'hommes et de femmes. En clair, sur 100 candidats, les partis doivent présenter 49 personnes d'un sexe et 51 personnes de l'autre sexe maximum. Si cet écart est dépassé, ils perdent une partie de financement public. Et cela chiffre vite : cette baisse de subvention est calculée à hauteur de 150% de cet écart. Si on prend l'exemple de 200 candidats, avec 130 hommes et 70 femmes, le parti perd donc 45% de financement public.

>> Infographies : le candidat type aux législatives est un homme de 49 ans qui s'appelle Philippe

Le seul "gros" parti nettement dans le rouge, c'est Les Républicains : presque deux fois plus d'hommes que de femmes investis. Leur trésorier, Daniel Fasquelle, concède qu'ils ont du mal à se séparer des sortants. "C'est parfois compliqué et difficile d'écarter certains candidats masculins alors qu'ils ont parfaitement le profil pour faire de bons candidats aux législatives au seul motif de la parité."

Renverser la tendance n'est pas simple

Et renverser la tendance dans un parti construit par les hommes n'est pas simple, plaide encore Daniel Fasquelle. "A partir du moment où on a principalement des hommes à la tête des mairies, des collectivités locales, mécaniquement, cela entraîne un déficit quant à la parité, au moment de choisir un candidat pour les législatives." Mais cet historique du parti promet la parité. C'est le gros chantier des Républicains.

De "vieux" partis semblent pourtant avoir fait plus d'efforts. Le Parti socialiste a réussi, avec 35 femmes et 35 hommes candidats à l'Assemblée nationale présentés dans le cadre de la Nouvelle union populaire, écolgique et sociale (Nupes), mais cela implique de lutter contre les vieilles habitudes, raconte Pierre Jouvet, secrétaire national en charge des élections. "Il a fallu parfois un petit peu taper du poing sur la table et tordre le bras de certains responsables départementaux parce que c'était un peu compliqué d'avoir des candidates et on nous proposait parfois trop de candidats." D'autant que les femmes ont encore parfois du mal à se lancer.

"Quand vous demandez à un homme d'être candidat il dit oui, tout de suite. Quand vous demandez à une candidate, elle prend le temps de la réflexion et il a fallu aller convaincre un certain nombre de candidates."

Pierre Jouvet

à franceinfo

Le hic, c'est que même quand l'objectif parité est rempli dans le détail, cela peut être plus nuancé. Au Rassemblement national, par exemple, à peine plus de candidats que de candidates. Mais les femmes récupèrent les circonscriptions les plus difficiles. "Il n'y a pas de volonté de réserver les bonnes circonscriptions aux hommes, rétorque Philippe Olivier, eurodéputé et conseiller politique de Marine Le Pen. C'est la prime aux gens implantés. 90% des circonscriptions sont pourvus par des gens du coin. Ce choix dicte un peu une parité ou non parité." Mais il affirme que féminiser le parti est une vraie volonté, en réutilisant notamment un argument : le RN est présidé par une femme.

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