Il faudra attendre 202 ans avant d'atteindre la parité dans le monde du travail, selon le Forum économique mondial

Un rapport portant sur 149 pays montre notamment que l'écart de salaires est encore de près de 51%. La part des femmes dans les postes de direction s'élève à 34% et elles sont sous-représentées dans les secteurs d'activité en croissance qui nécessitent des compétences scientifiques.

Lors d\'un rassemblement pour lutter contre les inégalités salariales entres les femmes et les hommes, à Paris, le 7 novembre 2016.
Lors d'un rassemblement pour lutter contre les inégalités salariales entres les femmes et les hommes, à Paris, le 7 novembre 2016. (MAXPPP)

Les inégalités de salaire entre femmes et hommes se sont légèrement réduites cette année par rapport à 2017, mais il faudra encore 202 ans pour parvenir à la parité dans le monde du travail, selon un rapport (en anglais) du Forum économique mondial (WEF) publié lundi 17 décembre. L'étude, qui porte sur 149 pays, montre des améliorations en matière de salaires par rapport à l'an dernier, où l'écart entre les genres s'était élargi pour la première fois depuis dix ans.

En revanche, la représentation des femmes en politique est en baisse, tout comme leur accès à la santé et à l'éducation. Au rythme actuel, les inégalités entre hommes et femmes, dans la plupart des domaines, ne seront pas éliminées avant au moins 108 ans. 

Le rapport annuel sur la parité examine la situation dans quatre domaines : éducation, santé, politique et monde du travail. Après des années de progrès constants en matière d'éducation, de santé et de représentation politique, la place des femmes a reculé dans ces trois domaines cette année, relève le WEF. Dans le monde du travail, des progrès ont été enregistrés, mais pas de façon extraordinaire puisque l'écart entre les salaires est encore de près de 51%. Et la part des femmes dans les postes de direction s'élève désormais à 34% dans le monde.

Les pays nordiques en haut du classement

L'étude montre qu'il y a désormais proportionnellement moins de femmes que d'hommes sur le marché du travail, en raison notamment de l'impact de l'automatisation sur des postes traditionnellement occupés par des femmes. Parallèlement, les femmes sont sous-représentées dans les secteurs d'activité en croissance qui nécessitent des compétences et des connaissances en sciences, en technologie, en ingénierie et dans les mathématiques. "Les femmes ne représentent actuellement que 22% des effectifs spécialisés en intelligence artificielle", déplore ainsi le rapport.

La situation diffère toutefois selon les pays et les régions. Alors que les pays d'Europe de l'Ouest sont susceptibles de combler l'écart hommes-femmes d'ici 61 ans, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, cela prendra 153 ans, estime le WEF. Une fois de plus, ce sont les pays nordiques qui se classent dans le haut du tableau. La parité la plus élevée se retrouve en Islande, en Norvège, en Suède et en Finlande.

En revanche, la Syrie, l'Irak, le Pakistan et le Yémen enregistrent le plus grand niveau d'inégalités entre hommes et femmes. Parmi les 20 plus grandes économies du monde, la France termine en tête, à la 12e place mondiale, suivie de l'Allemagne (14e), de la Grande-Bretagne (15e), du Canada (16e) et de l'Afrique du Sud (19e). De leur côté, les Etats-Unis continuent à reculer, passant de la 49e à la 51e place, le rapport relevant "une diminution de la parité hommes-femmes aux postes de ministres".