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Egalité homme femme : "Seulement 0,1% des entreprises sanctionnées", alors que "les écarts de salaires perdurent"

A l'occasion de la journée internationale des droits de la femme, organisations féministes, syndicats et ONG appellent à manifester contre les inégalités salariales. À l'instar de Sophie Binet, chargée de l'égalité femmes-hommes à la CGT, ils demandent des sanctions. 

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Radio France
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Manifestation pou rl'égalité femmes/hommes, le 8 mars 2016. (MAXPPP)

En ce mercredi 8 mars, journée internationale des droits des femmes, des organisations féministes, des syndicats et des ONG appellent à manifester contre les écarts de salaires entre les femmes et les hommes, et à cesser le travail à partir de 15h40, heure à partir de laquelle les femmes travaillent pour rien. L'écart de salaire moyen avec les hommes est de 19% pour un poste équivalent à temps plein.

"Si on veut que les choses bougent, il faut que les entreprises qui discriminent soient sanctionnées", a réagi mercredi sur franceinfo Sophie Binet, chargée de l'égalité femmes-hommes au sein de la CGT. 

franceinfo : Cet écart de salaire s'est-il réduit au cours des dernières années ?

Sophie Binet : Non. Malheureusement, il stagne. Il n'y a aucune sanction pour les entreprises qui discriminent. Aujourd'hui, il y a seulement 0,1% des entreprises qui ont été sanctionnées alors que ces écarts de salaires perdurent. Il y a eu quelques avancées mais bien trop insuffisantes.

La loi n'est pas appliquée.

Sophie Binet, chargée de l'égalité femmes-hommes à la CGT

à franceinfo

Il n'y a pas assez de moyens pour les inspections du travail, et je pense qu'il y a une volonté de ne pas aligner les entreprises qui ne négocient pas sur l'égalité professionnelle. Si on veut que les choses bougent, il faut que les entreprises qui discriminent soient sanctionnées. Sinon il faudra attendre 2186 pour avoir enfin l'égalité salariale. Nous ne voulons pas que nos filles et nos petites-filles soient dans la même situation que nous aujourd'hui.

Pourquoi de tels écarts de salaires ?

Le premier facteur, ce sont les temps partiels. 82% des salariés à temps partiel sont des femmes, la quotité horaire a d'ailleurs tendance à baisser avec des temps partiels de quelques heures par semaine. Elles sont donc payés au lance-pierre avec des amplitudes horaires énormes. Le deuxième facteur, c'est la question des écarts cumulés sur les carrières.

Le troisième, c'est que les femmes sont concentrées dans des métiers moins payés avec de mauvaises conditions de travail.

Sophie Binet, chargée de l'égalité femmes-hommes à la CGT

à franceinfo

Et enfin, ce sont les écarts sur la part variable de la rémunération, les primes, c'est ce qui explique qu'il y a plus d'écart entre les femmes cadres et les hommes cadres.

L'écart de salaire est-il visible dès l'entrée sur le marché du travail ?

On sait qu'à niveau de diplôme équivalent, les jeunes femmes sont moins bien payées que les jeunes hommes. Ensuite, ça se creuse sur l'ensemble de la carrière, ce qui explique que les écarts de retraites sont eux de 40%. Il y a le plafond de verre qui empêche le déroulement de carrière des femmes. Il y a aussi ce qu'on appelle le "plancher collant", le fait qu'un nombre très important de femmes sont enfermées dans la précarité avec des temps partiels qui font qu'elles ne sont même pas payées au smic.

Sophie Binet : "Il n'y a pas assez de moyens pour les inspections du travail."
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