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Egalité homme-femme : de la Suède au Rwanda, cinq idées dont la France pourrait s'inspirer

A l'approche de la Journée internationale de la femme, vendredi 8 mars, coup de projecteur sur des initiatives du monde entier.

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France Télévisions
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Le partage des tâches familiales, favorisé par de longs congés paternité comme en Suède, est un des moteurs de l'égalité homme-femme. (CHRISTOPHER ROBBINS / GETTY IMAGES)

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Que faire pour parvenir à davantage d'égalité homme-femme en France ? Si notre pays n'est pas toujours un bon exemple en matière de parité, d'autres le sont davantage. A l'approche de la Journée internationale de la femme, vendredi 8 mars, francetv info jette un coup de projecteur sur des initiatives qui pourraient inspirer l'Hexagone. 

1Créer des congés parentaux attractifs, comme en Suède

La Suède encourage clairement les hommes à s'occuper des enfants. Le pays prévoit un congé paternité de dix jours. Il est rémunéré à 80% du salaire journalier (avec un plafond de 100 euros) et doit être pris dans les deux mois qui suivent la naissance. Mais les parents peuvent aussi bénéficier d'un congé parental de 480 jours, qui vise à plus d'égalité entre les sexes. Ainsi, soixante jours sont réservés au père et soixante autres à la mère. Les parents se répartissent ensuite librement les 360 jours restants. Ils y sont encouragés par une prime (1 300 euros par mois maximum) d'autant plus élevée que le partage est équilibré. 

2Adapter le vocabulaire, toujours comme en Suède

Dans ce pays, le lobby pour la neutralité sexuelle vise à aller plus loin que la parité. En 2012, le mouvement a introduit un nouveau pronom, "hen", dans la version numérique de l'Encyclopédie nationale, pour remplacer "han" et "hon" (respectivement "il" et "elle" en suédois). Objectif ? Rompre avec une vision sexuée de la société, accusée d'encourager les stéréotypes liés au genre. Quelques écoles maternelles et primaires, en pointe sur le sujet, s'y sont mises, explique le New York Times (en anglais). Dans certains établissements de Stockholm, les instituteurs utilisent le terme "copain" pour remplacer les mots "fille" et "garçon". Et ce malgré la polémique déclenchée par cette initiative, détaillée par Slate.fr.

3Organiser le travail autrement, comme aux Pays-Bas

Vous n'osez pas partir du bureau avant 19 heures car "c'est mal vu" ? Vous souffrez sans doute de "présentéisme". Ce phénomène, très français, coûte cher aux entreprises et accentue les inégalités entre hommes et femmes, lesquelles culpabilisent de partir plus tôt pour s'occuper des enfants, explique le site Atlantico. De nombreux pays l'ont compris, à l'instar de la Suisse ou des Etats-Unis, qui remettent en cause cette organisation du travail.

Les Pays-Bas possèdent, eux, une longueur d’avance : le temps partiel, qui concerne les trois quarts des femmes (de manière choisie ou non), intéresse de plus en plus les hommes, relate le New York Times (en anglais). Selon le journal, un homme sur trois travaille désormais à temps partiel ou concentre son temps plein sur quatre jours. Tous les métiers sont concernés, du chirurgien à l'ingénieur de chez Microsoft, en passant par l'avocat d’affaires. Du coup, le temps familial se retrouve mieux partagé entre hommes et femmes. De quoi faire dire à une journaliste néerlandaise que "les Néerlandaises ne dépriment pas" (lien en anglais).

4Instaurer des quotas en politique, comme en Afrique

Les initiatives se multiplient sur le continent. Au Rwanda, la récente Constitution impose ainsi la présence de 24 femmes parmi les 80 députés. En Afrique du Sud ou au Mozambique, les partis sont incités à respecter un système de quotas pour garantir un certain nombre de femmes au sein des Parlements. Cela paie : l'Assemblée sud-africaine compte 45% de femmes, celle du Mozambique, 39%, quand la France culmine à 27%, selon le site QuotaProject (en anglais). Les Africaines accèdent peu à peu au pouvoir, comme en témoigne Slate Afrique, même si les chiffres restent faibles. Selon RFI, seuls 12% des élus locaux du continent seraient des femmes.

5Payer le même tarif chez le coiffeur, comme au Danemark 

La décision vous semble peut-être capillotractée, mais le Conseil pour l'égalité danois n'a pas hésité à la prendre. En janvier, il a condamné à 2 500 couronnes d'amende (335 euros) un salon de coiffure qui pratiquait des prix différents selon le sexe de ses clients (ça vous rappelle quelque chose ?), rapporte le Daily Mail (en anglais). A l'origine de cette décision, une injustice constatée par une cliente, très énervée de payer 100 couronnes (14 euros) de plus que les hommes pour une coupe.

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