Automatisation du double nom à la naissance : cela serait un "marqueur important" alors que "la place de la femme est compliquée dans notre société", selon un député LREM

Ainsi, à 18 ans, le jeune majeur pourrait décider de conserver les deux noms ou en garder un seul, propose Patrick Vignal, député LREM de l'Hérault.

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Radio France
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Patrick Vignal, le 6 septembre 2013. (PASCAL GUYOT / AFP)

Patrick Vignal, député LREM de l'Hérault, a estimé vendredi 28 mai sur franceinfo que l'attribution automatique des deux noms des parents à la naissance serait "un marqueur important" alors que "la place de la femme est compliquée dans notre société". Le député, avec le collectif "Porte mon nom" soutient cette proposition. À 18 ans, l'enfant pourrait ainsi décider de conserver les deux noms ou en garder un seul.

franceinfo : Pourquoi vous paraît-il important de changer la règle ?

Patrick Vignal : Faire de la politique, c'est faire en sorte que les femmes et les hommes soient égaux. Aujourd'hui, quand vous faites un enfant en couple, c'est quasiment tout le temps l'homme qui déclare le nom. Je suis prêt à prendre mon bâton de pèlerin et aller voir les sénateurs, qui en 2013, ont refusé de voter la loi de Christiane Taubira, pour les convaincre.

Pensez-vous que vous aurez plus de chance aujourd'hui ?

Oui, parce que dès mardi matin, j'irai au Sénat avec le collectif de ces femmes et de ces hommes qui veulent changer la loi. Vous savez pourquoi les Français désertent les urnes ? Parce qu'on passe plus de temps à polémiquer que de s'occuper des Français. Là, on a une loi qui ne coûte pas d'argent, qui permettra à l'administration de la justice de dégager du temps. Aujourd'hui, si vous voulez changer de nom, c'est entre 1 et 6 ans et cela vous coûte de l'argent. Je dis : faites confiance à vos parlementaires, monsieur le garde des Sceaux. Il ne faut pas un décret. Il faut une loi. Cette loi ne serait pas obligatoire. Si vous décidez avec votre conjoint ou votre conjointe de porter un seul nom, vous faites la demande. Je ne prends rien à personne. Cela s'appelle simplement le choix et la liberté. Je trouve qu'aujourd'hui, dans une période difficile où la place de la femme est compliquée dans notre société, ça serait un marqueur important.

Aujourd'hui, 4 bébés sur 5 portent le nom de leur père. Comment l'expliquez-vous ?

C'est par tradition. La femme est à l'hôpital et vient d'accoucher. Le nombre de pères qui déclarent le prénom qu'ils veulent et le nom qu'ils veulent. Je demande juste une automatisation. On arrive en mairie. La mairie a les deux noms. Et si vous décidez d'un seul nom, vous avez un papier qui le certifie. J'ai des témoignages, même dans les administrations, où la personne vient avec les deux noms et l'administration répond : "Non ! c'est toujours le nom du père". On est sortis de la société du patriarcat. La nouvelle jeunesse, les hommes aujourd'hui ont compris que la femme était l'égale de l'homme.

Vous sentez encore des blocages ?

J'ai quelques collègues parlementaires qui m'ont dit : "Mais comment ? Je suis l'homme ! L'enfant doit porter mon nom." Dans quel monde vit-on ? La femme est l'égale de l'homme. Quand vous faites avec amour un gamin, il me semble normal qu'il puisse porter les deux noms. Le jour de ses 18 ans, votre enfant, parce qu'il est majeur, peut choisir. Est-ce que dans la vie, on n'aurait pas le droit de choisir le nom que l'on veut porter ? C'est le choix et la liberté des Français.

Vous recevez beaucoup de témoignages en ce sens ?

J'en reçois plein. Ils sont glaçants. Quand vous avez un père incestueux, et que la gamine vous dit à 16 ans : "J'ai honte tous les matins de porter le nom de mon père. Quand je suis à l'école et que sur ma copie j'écris son nom, je pense à ce qu'il m'a fait..." Il faut entre 3 et 5 ans pour changer de nom. Mais on marche sur la tête ! C'est pour cela que les Français n'ont plus confiance.

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