Allongement du congé paternité à 28 jours : "C'est un premier pas", mais il faut "aller plus loin", plaide un père qui avait cosigné une tribune

Samuel estime sur franceinfo que ce congé paternité devrait être obligatoire. 

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Radio France
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Un homme avec son bébé. (Illustration).  (QUEMENER YVES-MARIE / MAXPPP)

Samuel Clot, qui a co-signé la tribune "Pour la fête des pères, et si l’on s’engageait pour l’allongement du congé paternité ?" sur le blog du Huffingtonpost en juin 2020, a salué vendredi 14 mai sur franceinfo la parution du décret d’application qui précise les modalités qui s’appliqueront au 1er juillet. Sur les 28 jours du congé paternité, sept sont obligatoires. "C'est un premier pas", mais il faut "aller plus loin", a-t-il réagi. "J'aurais bien aimé que l'intégralité du congé paternité soit obligatoire."

franceinfo : Est-ce que c’est une mesure qui va dans le bon sens ?

Samuel Clot : C'est un premier pas, mais on estime qu'il faut quand même aller plus loin. C'était vraiment le minimum pour nous. Il faut donner plus de temps aux deux parents pour qu'ils puissent prendre le temps d'être avec leurs enfants et aussi de se retrouver entre eux. Il faut se calquer sur des modèles scandinaves où on a un nombre de mois qui est partagé entre le père et la mère comme ils l'entendent. Ce qui permet plus de liberté et plus d'adaptation aussi aux situations personnelles.

Vous sentez une demande autour de vous ?

Oui, il y a une demande des pères. On a fait un appel aux témoignages après notre tribune qui a été très, très relayée. Il y a beaucoup de pères qui s'autocensurent. On avait un quart des pères qui ont répondu à notre appel aux témoignages qui disaient qu'ils n'avaient pas pris leur congé paternité en se disant qu'ils allaient recevoir des pressions ou être dans une situation délicate vis-à-vis de leur employeur. Un quart, c'est quand même énorme. Et puis, il y a quasiment un tiers de ces mêmes pères, qui nous ont dit qu'ils avaient directement reçu des pressions de la part de leur employeur sur le congé paternité. Il faut accompagner les parents, les pères comme les mères, puisqu'on sait qu’après l'accouchement, il y a aussi toute la remise en marche du corps et de l'esprit de la mère. On a un fort risque de dépression pendant la période du post-partum et il y a besoin du conjoint, de la personne qui est là pour accompagner la mère après l'accouchement. Et ce sont des enjeux qui sont majeurs dans notre société en général.

C’est 28 jours, dont sept obligatoires. C’est suffisant ?

J'aurais bien aimé que l'intégralité du congé paternité soit obligatoire parce que je pense qu'il y a un vrai problème sur la démocratisation du congé paternité. Il y a beaucoup de pères qui s'autocensurent et qui se disent que ce n'est pas nécessaire. Si vraiment on allait plus loin dans ces obligations-là, on pourrait peut-être faire réaliser aux pères en particulier que c'est utile, que c'est important et que ça leur permet de développer plein de choses à la fois avec leurs enfants, avec leur famille. Cela permettrait évidemment de mettre un peu plus sur un pied d'égalité les femmes et les hommes au sein de l'entreprise s’il y a un risque qui est partagé. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, une femme dans une entreprise est considérée comme un risque qu’elle soit une mère à un moment et qu'elle doit partir de l'entreprise pour effectuer son congé maternité.

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