Drogues : feu vert de Matignon pour de nouvelles salles, Anne Hidalgo renonce au site du 20e arrondissement près d'une école

Le dossier ultra-sensible du traitement des consommateurs de crack à Paris s'est débloqué mercredi après des mois d'impasse.

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Des Parisiens manifestent contre le projet de salle de consommation de drogues à moindre risque dans le XXe arrondissement de Paris, le 11 septembre 2021. (SERGE TENANI / HANS LUCAS / AFP)

Jean Castex a donné, mercredi 15 septembre, son feu vert à la maire PS de Paris Anne Hidalgo pour aménager de nouveaux sites d'accueil des consommateurs de crack. "La création de nouveaux lieux dédiés à l'accueil et au repos sera soutenue par les services de l'Etat" sous réserve d'une offre et d'une localisation adaptées, écrit le Premier ministre dans un courrier à Anne Hidalgo. Jean Castex veut "offrir aux consommateurs des lieux de repos et un parcours de sevrage de qualité" et poursuivre le déploiement de "l'offre de soins" dans le cadre du plan crack signé en 2019 entre l'Etat et la Ville.

S'il n'évoque pas explicitement l'aménagement de nouvelles salles de consommation à moindre risque (SCMR), dites "salles de shoot", sujet de crispation politique avec les riverains, les quatre nouveaux sites proposés fin août par Anne Hidalgo ont "vocation à s'inscrire dans le cadre expérimental offert par la loi du 24 janvier 2016, que le gouvernement prendra l'initiative de proroger" avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale présenté en Conseil des ministres le 6 octobre.

Un bilan "positif" pour les deux premières salles

La loi de 2016 a autorisé l'expérimentation des SCMR jusqu'en 2022. Deux structures de ce type ont été lancées depuis, à Strasbourg et à Paris. La question divisait jusqu'au sein du gouvernement, entre la ligne dure adoptée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et celle du ministre de la Santé Olivier Véran, dont le cabinet a jugé "positif" le bilan des deux structures.

Dérivé de la cocaïne, très addictif et bon marché, le crack suscite de fortes tensions dans le nord-est parisien, où la consommation de rue engendre de fortes nuisances pour le voisinage. Mi-mai, préfecture et mairie s'étaient accordées pour regrouper les toxicomanes dans le nord des jardins d'Eole, site historique de consommation à la frontière des 18e et 19e arrondissements, afin de soulager les riverains du secteur voisin de Stalingrad.

Le projet d'une salle dans le 20e arrondissement est enterré 

Le premier adjoint d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, a salué une "très bonne nouvelle". "L'approche globale défendue par la Ville, qui intègrera de façon pragmatique la consommation encadrée comme un outil d'accompagnement au sevrage, fait enfin l'objet d'un consensus politique", s'est félicitée la municipalité dans un communiqué.

La maire de Paris a toutefois reculé sur le projet de salle rue Pelleport, dans le 20e arrondissement parisien, mitoyen d'une école. Une "difficulté évidente" pour Jean Castex, et un projet "impossible" pour Gabriel Attal. Message reçu, à la mairie, qui a annoncé renoncer dans une "décision conjointe" avec l'Etat. "La maire n'avait pas rendu d'arbitrage final, c'était dans une liste de propositions", a relativisé Emmanuel Grégoire

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