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Promos par SMS, "drives", livraison... Comment les dealers de drogue adaptent leur politique commerciale

Publiée mardi, une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies constate que les vendeurs ont adapté leurs modes de distribution pour attirer plus de clients.

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Radio France
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Un stock de cocaïne et de cannabis saisi par la police française en novembre 2015. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Un "client" qui voudrait acheter de la drogue n'a plus besoin de se rendre dans un hall d'immeuble lugubre, au risque de se retrouver au centre d'une rixe. Les vendeurs, conscients que le climat de violence entre fournisseurs rebute les acheteurs potentiels, ont adapté leurs méthodes. C'est ce qui ressort de l'étude TREND, ("Tendances récentes et nouvelles drogues"), publiée mardi 20 décembre par l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Elle s'appuie sur des observations réalisées dans huit villes de France : Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Paris, Rennes et Toulouse.

Téléphone portable et internet sont devenus les outils de travail essentiels à un dealer souhaitant assurer une transaction. "Des phénomènes de violence ont amené le vendeur à adopter des démarches plus commerciales, en allant à la rencontre des usagers, commente Agnès Cadet-Taïrou, l'une des cinq auteurs du rapport. Ça se traduit notamment par l'utilisation de plus en plus généralisée de commandes par téléphone portable, suivies d'une livraison par coursier." Les dealers développent ainsi un répertoire et peuvent appliquer les mêmes procédés qu'un commerçant pour fidéliser leur clientèle.

On voit l'utilisation de démarches commerciales comme des SMS de relance ou des promotions du type 'un gramme de blanche [cocaïne] à tel prix et deux grammes à tel prix jusqu'à minuit'.

Agnès Cadet-Taïrou

Auteure de l'étude TREND

Le succès des "drives" et des centres d'appel

D'autres mesures ont été mises en places pour faciliter l'achat le plus possible, malgré la présence policière renforcée sur le territoire en raison de l'état d'urgence. Il existe maintenant des centres d'appels dédiés ou des points de vente au bord des routes, imitant les "drives" des grandes surfaces.

Ce développement de l'offre résulte aussi de l'accroissement de la concurrence entre différents réseaux. Cette situation a été observée par les auteurs de l'étude à Marseille, où des règlements de compte meurtriers ont eu lieu à plusieurs reprises, mais aussi dans d'autres villes comme Lille, Rennes ou Bordeaux.

Ces évolutions visent en priorité une clientèle aisée. Les auteurs soulignent que "ce sont aussi eux qui, toujours dans la volonté d’échapper aux conséquences des trafics, vont avoir le plus recours aux commandes de produits sur Internet". L'usage du darknet, la partie non référencée du web, est même privilégiée pour l'achat de produits plus rares.

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