Don du sang des homosexuels : des associations LGBT portent plainte contre la France devant la Commission européenne

Stop Homophobie, Mousse, Elus locaux contre le sida et Familles LGBT ont porté plainte.

Une personne fait un don du sang, le 7 février 2019 à Saint-Just-en-Chaussée (Oise).
Une personne fait un don du sang, le 7 février 2019 à Saint-Just-en-Chaussée (Oise). (MAXPPP)

Ils protestent contre l'obligation faite aux hommes homosexuels d'observer une période d'abstinence de douze mois pour être autorisés à donner leur sang. Plusieurs associations LGBT ont annoncé jeudi 20 juin avoir porté plainte contre la France devant la Commission européenne pour discrimination. "Cette réglementation, encore en vigueur, exclut dans les faits 93,8% des gays du don du sang", estiment dans un communiqué commun Stop Homophobie, Mousse, Elus locaux contre le sida et Familles LGBT.

A travers cette plainte, les associations, qui avaient été déboutées par le Conseil d'Etat en 2017, espèrent que la distinction française fondée sur le comportement sexuel des donneurs soit reconnue comme une discrimination illégale en raison de l'orientation sexuelle.

Cela "crée une insécurité juridique"

En France, depuis la réforme du don du sang de juillet 2016, les homosexuels ne peuvent donner leur sang qu'après douze mois d'abstinence. Auparavant, ils étaient totalement exclus du don du sang depuis 1983 en raison des risques de transmission du virus du sida. Cette règle "crée une insécurité juridique pour les personnes LGBT+, car elle rend possibles les discriminations basées sur le comportement sexuel", estime Etienne Deshoulières, avocat des associations.