Un "nouveau visage pour montrer la diversité de la République" : 109 portraits de "nouvelles Mariannes" exposés au Panthéon

Ces femmes ont été sélectionnées par un jury pour leur engagement, l'idée étant de promouvoir "le sang neuf de la République", selon le ministère de l'Intérieur, à l'origine de l'initiative. Rencontre avec l'une d'elles.

Article rédigé par
Timothé Rouvière - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
L'exposition des 109 Mariannes se tient au Panthéon, à Paris, jusqu'au 15 mars 2021. (MOHAMMED BADRA / EPA)

Manteau rouge et sourire aux lèvres, elle pose fièrement devant la série de portraits qui trônent sur le parvis du Panthéon : Saly Diop est une des "nouvelles figures de la République". Son portrait fait partie des 109 exposés jusqu'au 15 mars sur le parvis du Panthéon, à Paris. Artistes, aides-soignantes, présidentes d'association, sportives... ce sont 109 "nouvelles Mariannes", sélectionnées par un jury pour leur engagement et censées promouvoir le "sang neuf de la République", selon le ministère de l'Intérieur, à l'initiative de ce projet.

On y voit la miss France 2021 Amandine Petit, la championne paralympique Marie-Amélie Le Fur, mais aussi des anonymes comme Saly Diop, donc, éducatrice et présidente de l'association Imani. Une consécration pour elle : "Marianne a représenté plusieurs visages au fil des années et aujourd'hui, ce nouveau visage montre la diversité de la République française, parce qu'on fait face à des problèmes d'identité et d'intégration."

"J'ai dit non" au mariage forcé

Pourtant, rien ne prédestinait l'éducatrice de 43 ans à recevoir cette distinction. "Moi je suis née au Sénégal, dans la brousse africaine, j'ai été victime d'excision lorsque j'étais bébé, à trois mois, raconte Saly Diop. Je suis arrivée en France à l'âge de quatre ans, j'ai grandi à Meaux, à l'époque dans un quartier difficile. J'ai fait du rap, pendant très longtemps, parce que je m'identifiais, comme tous les jeunes de quartier, à tout ça. J'ai grandi dans un foyer polygame, donc difficile de trouver sa place. À 15 ans, on a voulu me marier de force et tout le monde autour de moi, mes cousines, mes amies, étaient mariées de force, mais moi j'ai dit non."

Saly Diop devant le Panthéon, à Paris. (TIMOTHE ROUVIERE / RADIO FRANCE)

Ces épreuves l'ont marquée, mais aujourd'hui Saly Diop y puise sa force : "En tant que femme, noire, de confession musulmane, d'origine sénégalaise et malienne, ayant grandi dans un quartier, je me dis que j'ai tout à fait ma place dans la société française. Aujourd'hui je me sens bien, je suis à l'aise, heureuse et épanouie."

"C'est à vous de choisir ce que vous voulez être et ce que vous voulez faire demain."

Saly Diop

à franceinfo

Donner sa chance à tous, c'est aujourd'hui le credo de Saly Diop. Elle s'adresse aux jeunes filles avec son association Imani, qui milite pour les droits et la scolarisation des femmes. Mais aussi aux jeunes des quartiers, elle y a travaillé lors de son mandat d'adjointe à la jeunesse dans sa ville de Meaux. Cette femme de terrain tient d'ailleurs à faire passer un message à tous les jeunes des quartiers : "Le changement vous appartient. Ce n'est pas une question de quartier, de telle bande ou tel endroit, c'est 'qu'est-ce que j'ai envie de faire', 'qu'est-ce que j'ai envie d'être', 'quel message j'ai envie de transmettre'." Son prochain projet, c'est la mise en place d'un site internet d'information et d'échange pour aider les femmes issues des quartiers populaires.

Les 109 "nouvelles Mariannes", le reportage de Timothé Rouvière
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