CRS armés sur les plages cet été : "Un parapluie administratif pour se couvrir" selon un syndicaliste

Slip de bain et arme au poing : cet été, près de 300 policiers seront armés pour surveiller les plages françaises. Une première en France, qui laisse sceptique Johann Cavallero, délégué national CRS.

(Cet été, en plus de leurs plames et leurs jumelles, les CRS devront transporter une arme pour surveiller les plages de France © Maxppp)

Une centaine de CRS, sur les 300 déployés sur les plages cet été, seront armés pour surveiller la menace terroriste. Cette mesure se justifie par "les risques de confrontation avec des individus armés extrêmement dangereux"  selon une note interne du Directeur central des Compagnies Républicaines de Sécurité. Le dispositif sera mis en place entre le 20 juillet et le 22 août prochain.  C’est la première fois qu’il y aura des CRS nageurs-sauveteurs armés en France.

Selon Johann Cavallero, délégué national CRS du syndicat Alliance, "on ne peut pas s'opposer à cette mesure", il reste toutefois "très réservé sur le port de l'arme sur la plage au quotidien".  Les CRS  vont être assujetis au port du gilet pare-balles (...) donc c'est vrai que ça ne va pas être pratique sur les plages, en short ou en maillot de bain, avec son gilet pare-balles et son arme", détaille le syndicaliste policier sur France Info. 

 

Seuls le responsable du poste de secours et son suppléant seront habilités à porter une arme. Est-ce suffisant ? Pas forcément estime  Johann Cavallero.  "Avec un collègue armé sur 5 ou 10, la puissance de feu en riposte ne va pas être terrible" . explique le délégué national dui syndicat CRS Alliance.  Selon lui, "c’est une mesure qui a été prise rapidement.  Ç a nous apparait comme un parapluie administratif pour se couvrir".  Pour le syndicaliste, d'autres méthodes auraient été plus adéquates : "On aurait préféré un dispositif différent : des collègues armés dans un Zodiac ou, comme sur d’autres plages, en VTT." 

Cette mesure est mise en place alors qu'aucune menace n'a été clairement émise par des groupes terroristes à l'encontre de sites balnéaires français. Cependant, l'attaque sur une plage et dans un hôtel de Sousse, en Tunisie, le 26 juin 2015, a marqué les esprits. Si la menace existe, elle est relativisée par les autorités.