Crise de la viande : les agriculteurs perplexes après les déclarations de François Hollande

François Hollande s'est exprimé samedi sur la crise agricole. C'est aux grandes surfaces d'augmenter les prix, a dit le chef de l’Etat. Une revendication ancienne des agriculteurs qui malgré ces déclarations maintiennent la pression.

(Les éleveurs multiplient les actions ces dernières semaines, dans l'Ouest notamment, pour protester contre l'absence de remontées des prix de leurs productions © Maxppp)

Les agriculteurs manifestaient samedi après-midi en Bretagne, comme à Lannion, où ils ont bloqué un Géant casino, et un Leclerc à Pont l'Abbé. Du fumier, du foin et des branchages ont été déversés devant les différentes entrées du supermarché, et également devant les supermarchés Lidl et Intermarché.

 

Les agriculteurs se sont invités samedi dans les rayons du Leclerc de Pont l'Abbé. Le reportage de Jean Saint-Marc, France Bleu Breizh Izel.
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Le jour même pourtant, le président de la République est intervenu en leur faveur. "Faites un effort sur les prix". C'est  le message de François Hollande  adressé à la grande distribution. Un appel pour venir en aide aux éleveurs, pour qui les coûts de production sont souvent supérieurs au prix de vente. Plus de 20.000 fermes sont en grandes difficultés, selon le ministère de l'Agriculture. Le chef de l’Etat a donc demandé aux grandes surfaces de respecter l'accord du 17 juin. Accord qui visait à augmenter le prix de la viande de 5 centimes chaque semaine cet été.  

"Beaucoup de paroles, beaucoup de promesses, très peu d’actes"

 

Selon le porte-parole national de la Confédération paysanne, c’est un très bon signal. "Le fait que François Hollande s’implique personnellement dans l’accord avec la grande distribution, c’est un signe politique fort ", estime Laurent Pinatel. "Mais il n’y a pas qu’eux, il faut que l’ensemble des maillons de la filière s’organisent pour pouvoir rémunérer correctement les producteurs ", poursuit-il.

 

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"Beaucoup de paroles, beaucoup de promesses, très peu d’actes ", résume pour sa part Stéphane, producteur de lait près de Quimper et membre des jeunes agriculteurs. Pour lui, les déclarations de François Hollande ne suffiront pas à calmer les agriculteurs. "On attend vraiment un courage politique fort. Tant qu’il n’y aura rien de légiféré par rapport à un partage des marges ou tant qu’on aura le droit de produire nous à perte, on ne va pas s’en sortir ", explique-t-il.

 

Stéphane, producteur de lait : "Mieux vaut tard que jamais mais quand même là, c’est tard"
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"Il ne faut pas non plus se défausser en permanence sur le consommateurs"

Pour faire face à la crise qui touche le monde de l'élevage, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé vendredi avoir déjà débloqué 23 millions d'euros. Une somme qui servirait à financer des allégements de charges pour les agriculteurs notamment. Depuis le mois de février, des cellules d'urgence ont aussi été mises en place dans chaque département et un label "Viande française" pour aider les éleveurs devrait faire son apparition dès lundi dans les rayons, a annoncé samedi le chef de l’Etat.

"C’est une bonne idée sur le principe ", réagit Laurent Pinatel, tout en pointant "une sorte d’impuissance " des pouvoirs publics. "Il ne faut pas non plus se défausser en permanence sur le consommateurs. C’est un peu facile de la part du gouvernement que de dire on a créé un label, charge au consommateur de régler le problème des éleveurs ".