Contre le racisme et l'antisémitisme, 100 millions sur trois ans

Manuel Valls a présenté à Créteil un plan de lutte, qui comprend 40 mesures articulées autour de la justice, d'Internet et de l'éducation. Le caractère "aggravant" des délits racistes et antisémites sera inscrit dans le droit pénal ; une unité de lutte contre les contenus illicites sur Internet verra le jour ; il y aura aussi des volontaires du service civique...

(Manuel Valls a dévoilé ce vendredi le plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme © REUTERS/Philippe Wojazer)

Après les attentats de janvier, "la France ne sera plus jamais la même" . Manuel Valls sait volontiers se faire théâtral. Et le Premier ministre d'enfoncer le clou : "c'est un fait incontestable : le racisme, l'antisémitisme, la haine des musulmans, des étrangers, l'homophobie augmentent de maniière insupportable dans notre pays" .

A Créteil, ce vendredi - une ville-symbole, qui "a su tirer sa force de sa diversité" - le Premier ministre n'est pas venu les mains vides. 40 mesures seront mises en oeuvre. Et 100 millions d'euros seront débloqués sur trois ans. Pour, pêle-mêle, sensibiliser, éduquer, réprimer.

La répression d'abord. "Il n'y aura aucune indulgence" , promet Manuel Valls. Chaque acte raciste ou antisémite sera plus durement sanctionné. Le droit pénal - et non plus le droit de la presse - prendra en compte la "circonstance aggravante" de l'acte.

Internet n'échappera pas à la vigilance de l'Etat. "C'est un espace de liberté, et pas une zone de non droit" , dit le Premier ministre. Du coup, une unité de lutte contre les contenus illicites sera créée au ministère de l'Intérieur.

L'école n'est pas oubliée. Manuel Valls souhaite qu'une "réponse systématique soit apportée à tout dérapage" . Les clubs de sport également : chaque club pourra appeler un numéro vert pour l'aider en cas de difficulté.

Quant aux 100 millions d'euros annoncés, ils serviront à financer une grande campagne de communication, mais aussi des actions au niveau local. Comme des volontaires du service civique accordés aux associations labellisées de lutte contre le racisme.

Alain Jakubowicz, le président de la LICRA, salue le plan... qui entre "enfin" dans le concret.
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