Contraception : les femmes délaissent la pilule

Les femmes ont changé leur méthode de contraception. C'est le constat dressé par une étude de l'Inserm et l'Ined. L'étude "Fécond" a été réalisée en 2013 auprès de plus de 4400 femmes et de 1500 hommes. Elle montre qu'en 10 ans le recours à la pilule a beaucoup diminué. La polémique sur les pilules de 3ème et 4ème génération accusé de poser des problèmes vasculaires y est sans doute pour beaucoup

(Le recours à la pilule en baisse de 9 % depuis 10 ans © Fotolia.com - PHILETDOM - Fotolia.com)

 Les problèmes cardio-vasculaires provoqués par les pilules et la controverse fin 2012-début 2013 qui ont entrainé la fin de leur remboursement ont eu de lourdes conséquences sur les pratiques contraceptives des femmes. Aujourd'hui, seulement 3 % des femmes n'utilisent aucune contraception selon l'enquête Fécond menée conjointement par l'Ined et l'Inserm. En revanche, le recours à la pilule est en très net recul avec moins 9 % en seulement 3 ans. En 2010, 50 % des femmes en age de procréer avaient recours à la pilule. En 2013, selon cette étude, elles n'étaient plus que 41%. Cela confirme une désaffection qui a débuté il y a une dizaine d'années.

L'abandon de la pilule très marqué chez les moins de 30 ans 

L'abandon de la pilule est particulièrement marqué chez les femmes de moins de 30 ans. Et la tendance est encore plus marquée chez les femmes sans diplôme.  "Les femmes cadres qui étaient auparavant les principales utilisatrices des pilules de 3ème et 4ème génération ont commencé la baisse du recours à la pilule en se tournant vers le stérilet" révèle l'étude menée par les deux organismes. Autre technique souvent cité : le préservatif et, plus étonnant, des méthodes anciennes comme les rapports en dehors des périodes de fécondité, la fameuse méthode ogino ou encore le retrait ( coïtus interruptus ). Ces méthodes de contraception ont augmenté de 1,9 point à 3,4 points selon le choix. 

L'Ined et l'Inserm relèvent que "les catégories sociales les plus précaires ont de fait une couverture contraceptive moins efficace aujourd'hui en raison d'un moindre recours à la pilule et d'une plus grande utilisation des méthodes naturelles". Le facteur prix de la contraception est donc un élément-clé du débat.  L'important estime Marisol Touraine, la ministre de la Santé c'est "d'avoir un mode de contraception".