Chatel sur la lancée de Darcos et critiqué

Le nouveau ministre de l'Education nationale entend poursuivre les réformes engagées par son prédecesseur

Le ministre de l\'Education nationale à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne) le 17 août 2009
Le ministre de l'Education nationale à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne) le 17 août 2009 (© AFP PHOTO OLIVIER LABAN-MATTEI)
Le nouveau ministre de l'Education nationale entend poursuivre les réformes engagées par son prédecesseurLe nouveau ministre de l'Education nationale entend poursuivre les réformes engagées par son prédecesseur

Ces réformes, y compris les plus contestées comme la modernisation du lycée ou les suppressions de postes d'enseignants, seront menées dans "la concertation", assure Luc Chatel dans une interview au Monde.

Le secrétaire général du Snes-FSU Daniel Robin a appelé vendredi Luc Chatel à faire des "propositions concrètes" plutôt que de "la com".

La réforme du lycée, un des principaux sujets de crispation entre son prédécesseur Xavier Darcos et la communauté éducative, "entrera comme prévu en vigueur à la rentrée 2010", dit-il. Son architecture sera prête courant septembre. Les syndicats et les associations de parents ont été invités à faire part de leurs propositions, précise-t-il. "Nous voulons passer d'un système d'orientation subi à un système choisi et réversible", affirme Luc Chatel.

Le ministre confirme par ailleurs la poursuite des suppressions de postes déjà engagées qui, explique-t-il, "nous donnent une marge de manoeuvre soit pour revaloriser les enseignants (...) soit pour mettre en place des services nouveaux, comme l'aide individualisée en primaire, l'accompagnement éducatif au collège ainsi que dans 200 lycées". Le gouvernement a programmé 13.500 suppressions de postes pour la rentrée 2009. "Le taux d'encadrement a été maintenu et des services nouveaux pour les élèves et les familles ont été créés", estime Luc Chatel.

Quant à la réforme de la formation des enseignants, autre sujet de conflit, "la discussion reste ouverte sur les sujets qui font encore débat : la date des concours, le contenu des maquettes de masters, celui des stages...", dit-il.

Des propositions plutôt que de la "com"


"Pour l'instant, ce ministre, on le perçoit comme quelqu'un qui a quelques compétences dans la communication. On souhaite qu'au-delà de la communication, il passe rapidement aux travaux pratiques, a déclaré Daniel Robin, secrétaire général du Snes FSU, à des journalistes.

"La 'com', c'est bien, il faut savoir présenter les choses de manière embellie, mais on ne peut limiter son activité de ministre à un numéro de claquettes devant les caméras, il faut prendre des décisions concrètes", a-t-il ajouté.

"Il va devoir entrer dans les problèmes techniques et faire des propositions concrètes", a-t-il dit.

Concernant la réforme du lycée, le Snes-FSU a jugé, dans une lettre adressée vendredi à Luc Chatel, qu'il ne lui "paraissait pas envisageable que la nouvelle seconde puisse être mise en oeuvre dès la rentrée 2010".

"Une véritable réforme ne peut être envisagée sans une large concertation de tous les partenaires de l'école: personnels, lycéens, parents d'élèves, élus...", a déclaré le Snes-FSU.

Le Snes a aussi exprimé son inquiétude face à la suppression de 5.000 postes à la rentrée dans l'enseignement secondaire et a réclamé une "véritable revalorisation de la condition des enseignants".