Ce que l'on sait de l'enquête pour "viols" ouverte contre Patrick Poivre d'Arvor

L'autrice Florence Porcel accuse l'ancien présentateur vedette de TF1 de faits remontant à 2009. Patrick Poivre d'Arvor dément et porte plainte pour "diffamation" et "dénonciation calomnieuse".

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France Télévisions
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Le journaliste Patrick Poivre d'Arvor, à Amboise, le 14 août 2017. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

L'ancien présentateur vedette Patrick Poivre d'Arvor, aujourd'hui âgé de 73 ans, est visé par une enquête préliminaire pour "viols". L'autrice Florence Porcel, 37 ans, a déposé une plainte en début de semaine pour des faits remontant à 2009. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, a précisé une source judiciaire à franceinfo, jeudi 18 février.

Une plainte pour des faits non prescrits

Florence Porcel accuse d'abord Patrick Poivre d'Arvor de lui avoir imposé un rapport sexuel non consenti en 2004. Elle est alors âgée de 21 ans et le présentateur du "20 heures" a 57 ans. Ce dernier l'a contactée après avoir reçu une lettre d'admiration de la jeune femme, étudiante à la Sorbonne. Les faits se seraient déroulés dans le bureau du journaliste de TF1, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), après un journal télévisé, rapporte Le Parisien (article réservé aux abonnés), jeudi 18 février. L'écrivaine n'a pas porté plainte pour ces faits-là, qui sont prescrits.

En 2009, Florence Porcel reprend contact avec Patrick Poivre d'Arvor, dans le cadre de son mémoire de master. En sortant de leur rencontre au siège de la société de production A Prime Group, elle parle aussitôt à des proches d'un viol. Il lui aurait imposé une fellation sans protection. Elle ne porte pas plainte à l'époque, par peur de ne pas être crue, raconte le quotidien.

Douze ans plus tard, en janvier, Florence Porcel publie un roman intitulé Pandorini. Elle y raconte l'histoire, "inspirée d'un épisode de sa vie", d'une jeune femme violée par un "monstre sacré du cinéma français" qui la tient sous son emprise.

Après la publication de Pandorini et des échanges avec un avocat, à qui elle dit s'être inspirée de faits réels, elle décide de porter plainte. Les faits de 2009 ne sont pas prescrits. En effet, pour les viols sur majeur, la loi du 27 février 2017 porte la prescription de 10 à 20 ans pour tous les faits non prescrits à cette date-là.

Patrick Poivre d'Arvor dépose deux plaintes

Patrick Poivre d'Arvor a répliqué dès la publication de l'article du Parisien en invoquant "une dénonciation calomnieuse inspirée par une quête de notoriété inconvenante", dans un communiqué de son avocat Me François Binet, transmis à l'AFP. Il "récuse" fermement les accusations de viols portées à son encontre et se dit "instrumentalisé" par la plaignante. Il se déclare prêt à être auditionné par les enquêteurs, "s'ils souhaitent l'entendre".

Son avocat a confirmé auprès de France Télévisions, que deux plaintes vont être déposées le 19 février. La première pour "diffamation publique" à l'encontre du Parisien et du journaliste auteur de l'article doit être déposée auprès du parquet de Paris et la seconde auprès du parquet de Nanterre pour "dénonciation calomnieuse" à l'encontre de celle qui l'accuse.

"J'ai découvert avec stupéfaction les accusations de madame Florence Porcel", a réagi Patrick Poivre D'arvor, vendredi soir, dans une publication Facebook. "Il n’y a jamais eu aucune forme d’emprise, ni a fortiori de contrainte", assure le journaliste. "De toute ma vie je n’ai jamais obligé quiconque à une relation sentimentale, ni bien évidemment à une relation sexuelle", ajoute-t-il.

J’ai découvert avec stupéfaction les accusations de madame Florence Porcel relayées avec complaisance par un quotidien....

Posted by Patrick Poivre d'Arvor on Friday, February 19, 2021

En attente d'être entendus par la justice

L'enquête préliminaire, confiée à la BRDP de la police judiciaire parisienne, "en est à ses tout débuts", selon le parquet de Nanterre. La plaignante n'a pas encore été entendue par la police, a précisé à l'AFP une source proche du dossier.

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