Le Crif porte plainte contre Dieudonné après deux vidéos jugées antisémites

Il revient désormais au parquet de décider d'ouvrir ou non une enquête et d'engager d'éventuelles poursuites. Le Conseil représentatif des institutions juives de France qualifie les vidéos en question "d'abjectes".

Le polémiste Dieudonné M\'bala M\'bala à Genève (Suisse), le 4 février 2020.
Le polémiste Dieudonné M'bala M'bala à Genève (Suisse), le 4 février 2020. (MAXPPP)

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a annoncé avoir porté plainte, mardi 12 mai, contre le polémiste Dieudonné M'Bala M'Bala, pour incitation à la haine raciale ou encore négationnisme. En cause, la diffusion sur les réseaux sociaux de deux vidéos qu'il qualifie "d'abjectes" et d'antisémites.

Dans une première vidéo, postée le 9 mai, qui n'était plus visible mardi après-midi, Dieudonné déclare : "Il y a quand même un groupe de connards qui cassent bien les couilles dans ce pays. Je te promets que bientôt Hollywood et la Shoah, ça ne suffira plus pour endormir les gens", selon des propos cités dans la plainte.

"Un jour on va encore tomber sur un moustachu qui n'aura pas le sens de l'humour et tout le monde va finir en pizza, c'est ça que tu veux", y dit-il encore.

"Il faut que la justice passe une bonne fois pour toutes"

Une deuxième vidéo postée lundi met en scène Simone Veil, rescapée d'Auschwitz, ancienne ministre décédée en 2017, et le négationniste Robert Faurisson.

La plainte du Crif a été déposée par l'avocat David-Olivier Kaminski auprès du procureur de la République au Parquet de Paris. Il revient désormais au parquet de décider d'ouvrir ou non une enquête et d'engager d'éventuelles poursuites.

"On ne peut se contenter de mots de condamnation, il faut que la justice passe une bonne fois pour toutes", a déclaré Francis Kalifat, président du Crif, qui a dénoncé des "vidéos abjectes [qui] traduisent l'antisémitisme crasse de Dieudonné".

Habitué des tribunaux, le polémiste a été plusieurs fois condamné pour ses sorties antisémites. En novembre, il avait été condamné à 9 000 euros d'amende pour complicité d'injure à caractère antisémite, après la publication d'une vidéo et d'une chanson intitulées "C'est mon choaaa".