Actes antisémites en France : des faits parfois difficiles à caractériser

Depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas, une "centaine d'actes antisémites" ont été recensés en France selon Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur. Ils peuvent prendre plusieurs formes mais pour certains, le caractère raciste reste à confirmer.
Article rédigé par franceinfo
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Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, à l'issue d'une réunion de sécurité, le 10 octobre. (XOSE BOUZAS / HANS LUCAS)

Depuis le début du conflit entre Israël et le Hamas, ce samedi 7 octobre, "plus d'une centaine d'actes antisémites, essentiellement des tags mais aussi des actes plus graves" ont été recensés partout en France, relate Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, sur France Inter, jeudi 12 octobre. Le premier policier de France ajoute que "24 personnes ont été interpellées", à ce stade.

De quels actes antisémites parle-t-on ?

Tout d'abord, plus de 2 000 signalements ont été envoyés depuis samedi à la plateforme Pharos, où il est possible de signaler des contenus en ligne illicites. Ensuite, plusieurs tags ont été constatés partout dans le pays : sur les murs de l'université de Poitiers, sur l'enceinte de l'école primaire de Bonnefamille en Isère, ou encore devant un stade de Carcassonne dans l'Aude. D'autres actes ont aussi été recensés en Seine-et-Marne, où plusieurs vitrines de commerces ont été taguées de la croix de David, un symbole juif.

Ce sont principalement des lieux publics qui ont été touchés. Les messages peuvent être des menaces de mort, des propos faisant l'apologie du terrorisme ou encore des insultes. La présidente de l'Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet, a reçu des menaces de mort et la sécurité a été renforcée devant son domicile. Des comportements condamnés par Élisabeth Borne, qui a déclaré devant l'Assemblée Nationale, mardi 10 octobre : "Nous ne tolèrerons aucun acte, aucun propos antisémite en France." La Première ministre a également promis, devant les députés, "la plus grande fermeté à tous ceux qui voudraient utiliser ce conflit comme prétexte à l'antisémitisme."

La difficulté de déterminer le caractère antisémite des faits

Le caractère antisémite de certains faits reste à confirmer. Par exemple, des lettres de menaces avec le mot "jude" ("juif" en allemand, ndlr) ont été envoyées. Le caractère antisémite est, ici, identifiable. Pour d'autres signalements, c'est plus compliqué. Plusieurs drones ont survolé des écoles et synagogues depuis l'attaque du Hamas, selon le ministère de l'intérieur. Franceinfo a identifié au moins deux lieux où cela s'est produit. Dans l'un d'eux, une source proche du dossier veut, toutefois, rester prudente : elle parle d'un survol très bref. Le caractère antisémite n'est, ici, pas certain même si la menace est prise au sérieux par les enquêteurs.

Ces enquêteurs font face à un afflux inhabituel de signalements d'actes antisémites : une centaine sur les cinq derniers jours, soit le quart de tous les signalement de l'année dernière. Le nombre d'actes antisémites avait déja augmenté de manière significative lors du dernier conflit entre le Hamas et Israël, en 2014. Néanmoins, le ministère de l'Intérieur ne précise pas combien ont été recensés lors des deux mois de guerre.

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