"C'est grotesque", la ligne de défense préférée de Nicolas Sarkozy

"Ces chefs d'accusation sont grotesques", a réagi l'ex-président après sa mise en examen. Un élément de langage qu'il utilise régulièrement devant les caméras.

Nicolas Sarkozy, alors président de la République, le 4 avril 2009 à Strasbourg.
Nicolas Sarkozy, alors président de la République, le 4 avril 2009 à Strasbourg. (BERND WEISSBROD / DPA / AFP)

Financement présumé de la campagne de 2007 par Kadhafi, affaire Karachi, et désormais soupçons de corruption sur un magistrat de la Cour de cassation… Dans ces trois affaires, Nicolas Sarkozy a été invité par les médias à donner sa version des faits. A chaque fois, la défense est identique : sur la forme, critiquer la justice ou la presse, et se dire victime d'un acharnement ; sur le fond, balayer les accusations en les qualifiant de "grotesques".

Corruption et trafic d'influence : des chefs d'accusation "grotesques"

Lors de sa riposte télévisée, mercredi 2 juillet, Nicolas Sarkozy a passé beaucoup de temps à se victimiser et à souligner les préférences politiques présumées de l'une des juges l'ayant mis en examen pour trafic d'influence actif, corruption active et recel de violation du secret professionnel.

Interrogé sur ces accusations, l'ancien chef de l'Etat les a rejetées en bloc : "Ecoutez, ces chefs d’accusation sont grotesques", a-t-il lancé d'emblée. Après la garde à vue, "je me suis assis dans le fauteuil en face de ces deux dames, juges d’instruction… Elles m’ont signifié, sans même me poser une question, trois motifs de mise en examen, avant même d’avoir répondu à quoi que ce soit."

Soupçons de financement libyen : "C'est grotesque"

Pendant la campagne présidentielle de 2012, Mediapart accuse Nicolas Sarkozy d'avoir reçu, en 2007, plusieurs millions d'euros en provenance de la Libye du colonel Kadhafi pour financer sa première campagne.

Interrogé dans l'émission "Paroles de Français", sur TF1, le président-candidat commence à s'en prendre à la journaliste Laurence Ferrari. "Je suis désolé pour vous que vous soyez la porte-parole du fils de Kadhafi. Franchement, je vous ai connue dans un meilleur rôle, tacle-t-il. C'est grotesque et je suis désolé que sur une grande chaîne comme TF1, on doive m'interroger sur les déclarations de monsieur Kadhafi ou de son fils."

Cette affaire a tout de même donné lieu à une enquête judiciaire, toujours en cours, et dans laquelle personne n'a encore été mis en examen.

Affaire Karachi : "C'est grotesque, voilà ma réponse"

Le 18 juin 2009, les juges antiterroristes enquêtant sur l'attentat de Karachi (Pakistan), qui a tué en 2002 onze salariés français de la direction des chantiers navals, annoncent aux familles des victimes qu'ils privilégient la piste politico-financière. L'attentat serait en fait lié à l'arrêt de versements par la France de commissions sur des ventes d'armes à l'Etat pakistanais.

Interrogé dès le lendemain en marge d'un sommet européen à Bruxelles, Nicolas Sarkozy, nerveux, ne donne aucun crédit à cette thèse. "C'est ridicule, franchement. Franchement, c'est ridicule. C'est grotesque, voilà ma réponse, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? (...) Respectons la douleur des victimes. Qui peut croire à une fable pareille ?"

Si Nicolas Sarkozy ne semble plus inquiété dans ce dossier, deux de ses proches, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, ont été mis en examen. La Cour de justice de la République a par ailleurs ouvert une enquête sur Edouard Balladur et François Léotard.