Affaire des "écoutes" : Thierry Herzog "n'aurait pas dû être condamné", selon son avocat

Reconnu coupable de corruption et trafic d'influence comme Nicolas Sarkozy et Gilbert Azibert, l'avocat Thierry Herzog a fait appel. 

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Radio France
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Hervé Témine, l'avocat de Thierry Herzog (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog et Gilbert Azibert ont été condamnés lundi à 3 ans de prison dont un ferme pour corruption et trafic influence, dans l'affaire des écoutes. Ils vont faire appel. "Il faut continuer à se battre", a réagi ce mardi sur franceinfo Hervé Témime, avocat de Thierry Herzog. "Je crois profondément que ce combat est juste et qu'il doit être gagnant."

franceinfo : Vous attendiez-vous à un tel jugement ?

Hervé Témine : Il faut continuer à se battre. Je crois profondément que ce combat est juste et qu'il peut et doit être gagnant. Je suis déçu et pas qu'un peu, je suis très déçu. Je suis par nature à la fois pessimiste et superstitieux, la fréquentation de la justice vous y oblige. Mais je ne m'attendais pas du tout à cette décision, qui ne correspond ni à l'audience que j'ai vécue, ni au dossier que je connais, ni à la vérité. Au-delà de toutes les critiques que je pourrais formuler sur ce jugement, la vérité, c'est que pour moi il n'y a ni corruption, ni trafic d'influence. Thierry Herzog n'a pas à rougir de son comportement et il n'aurait pas dû être condamné.

Le tribunal a estimé qu'il y avait eu un pacte de corruption. Que répondez-vous ?

Ce qu'a dit le tribunal est inexact et insuffisamment démontré. Il n'y a absolument pas eu la preuve d'un pacte de corruption. D'ailleurs cette preuve est rapportée, dit le tribunal, par un faisceau d'indices. Ce qui surprend tous les connaisseurs de la justice pénale. Ce faisceau d'indices est d'autant plus critiquable qu'il repose sur des écoutes dont la légalité est toujours discutée. C'étaient des conversations entre un justiciable et son avocat. Ce n'est pas l'avocat qui était soupçonné au départ. Ces indices, à part les écoutes, ce sont des relations d'amitié et d'affaire parce que Nicolas Sarkozy avait pour avocat Thierry Herzog. Ce ne sont pas des indices suffisant pour démontrer un pacte qui n'existe pas. Par ailleurs, nous avons démontré que Nicolas Sarkozy n'a pas fait de démarches à Monaco.

Nicolas Sarkozy a pourtant dit qu'il aiderait Gilbert Azibert en allant à Monaco rencontrer le prince. N'est-ce pas une tentative de corruption ?

Non ce n'est pas une tentative de corruption. Nous savons qu'il n'a vu personne, il n'a même pas envisagé de voir le prince. Nous savons, et ça le tribunal ne l'a pas admis, que la portée des discussions que l'on peut avoir au téléphone est extrêmement limitée. Le tribunal a considéré que l'on devait les interpréter de manière rationnelle, mais cela n'est pas la vie. On sait très bien que ces discussions étaient parfois démenties par la réalité dans la minute qui suivait ce qui était dit.

Thierry Herzog a été condamné aussi à ne plus pouvoir exercer sa profession pendant cinq ans. Il a fait appel. Il doit défendre Nicolas Sarkzoy dans l'affaire Bygmalion. Va-t-il le faire ?

Cette peine est infamante, inutilement vexatoire. Thierry Herzog est un avocat inscrit au barreau depuis 40 ans, il est considéré, estimé, aimé par ses pairs. Il a un soutien insensé de la part de ses confrères et des instances ordinales. Et bien sûr il reste plus que jamais avocat et il sera aux côtés de Nicolas Sarkozy au procès Bygmalion.

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