Affaire des écoutes : à la barre, l'ancien magistrat Gilbert Azibert charge Thierry Herzog

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l'affaire des écoutes se poursuit. L'ancien président avait été condamné en première instance aux côtés de Thierry Herzog et de l'ancien magistrat Gilbert Azibert, interrogé vendredi 9 décembre.

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Radio France
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L'ancien magistrat Gilbert Azibert quitte la salle d'audience de la cour d'appel de Paris le 7 décembre 2022. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

À la barre du procès en appel de l'affaire dite des écoutes, l'ancien magistrat est sous le feu des questions, sur le grill, même. Gilbert Azibert , 75 ans, est parfois confus dans ses explications quand interrogé sur son rôle dans la procédure Bettencourt. Nicolas Sarkozy, condamné en première instance à un an de prison pour corruption et trafic d'influence, avait formé un pourvoi en cassation pour tenter de faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels. L'ancien chef de l'Etat voulait savoir où en était la démarche, pas directement mais en passant par son avocat, Thierry Herzog, lui aussi condamné en première instance dans l'affaire des écoutes. L'avocat jouait l'intermédiaire.

"Je n’ai jamais donné d’informations sur l’affaire Bettencourt", se défend Gilbert Azibert, ancien avocat général à la Cour de cassation. "Mais sur la saisie des agendas ?" l’interroge la Présidente de la Cour Sophie Clément. L’ancien magistrat charge alors Thierry Herzog, niant les rendez-vous pour "aller à la chasse", selon l’expression employée dans les fameuses écoutes pour désigner des rendez-vous évoqués par Thierry Herzog dans ses appels téléphoniques avec Nicolas Sarkozy. "Considérez-vous que Thierry Herzog est mythomane ?" l’interroge l’avocat général. "Je réponds simplement que ce qu’il dit est inexact", rétorque Gilbert Azibert. Nicolas Sarkozy l’observe d’un air interloqué, Thierry Herzog, lui, le fusille du regard. 

"Je n'ai jamais corrompu personne"


Chacun des prévenus suit d’ailleurs sa propre stratégie : sur le fond, comme sur la forme, c'est chacun dans son couloir. Gilbert Azibert se perd parfois dans des explications juridiques, hésitant voire bafouillant devant l’incrédulité du tribunal. Thierry Herzog, lui, choisit le silence : aucun commentaire sur les écoutes elles-mêmes, qu’il juge illégales.

Nicolas Sarkozy fait le show : contraint au mutisme vendredi 9 décembre au matin, quand Gilbert Azibert est interrogé, mais virevoltant sinon depuis le début de la semaine. L'ancien président prend parfois la parole quand il ne l’a pas, avec le même message martelé : ces conversations avec mon avocat, "des bavardages", selon lui. "Il n’y a pas de pacte, je n’ai jamais corrompu personne", répète Nicolas Sarkozy.

>> Affaire des écoutes : jugé en appel, Nicolas Sarkozy se veut "serein et combatif"

Ce pacte de corruption, au cœur de l’affaire, un simple "coup de pouce" présumé de Nicolas Sarkozy à Gilbert Azibert pour un poste à Monaco, en échange d’informations sur le dossier Bettencourt. Un Nicolas Sarkozy tel qu’on le connaît : pugnace, parfois drôle, débordant d’énergie.  Pas vraiment un Sphinx, le surnom que lui donne Thierry Herzog quand il parle de lui dans les écoutes.  Le procès a été suspendu et reprendra lundi 12 décembre après-midi. 
 

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