Aéroports : le service garanti devant les députés fin janvier

L'Assemblée examinera le 24 janvier une proposition de loi UMP visant à encadrer le droit de grève dans le transport aérien.

Des agents de sûreté aéroportuaire manifestent, samedi 17 décembre, à l\'aéroport de Roissy (Val-d\'Oise).
Des agents de sûreté aéroportuaire manifestent, samedi 17 décembre, à l'aéroport de Roissy (Val-d'Oise). (PH LAVIEILLE / LE PARISIEN / MAXPPP)

Avions annulés, aéroports transformés en campings, passagers empêchés de partir en vacances... Les conséquences de la grève des agents de sûreté aéroportuaire, qui dure depuis vendredi 16 décembre, pourraient amener le Parlement à adopter rapidement une proposition de loi UMP visant à encadrer le droit de grève dans le transport aérien. Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a indiqué mardi 20 décembre que les députés examineraient ce texte le 24 janvier prochain.

Après le ministre des Transports, Thierry Mariani, qui a demandé vendredi "l'examen rapide" de cette proposition, c'est sa ministre de tutelle, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a confirmé sur France 2 que le gouvernement soutenait ce texte, en réponse à une "situation extrêmement pénalisante" pour les voyageurs.

Un préavis de 48 heures comme pour le transport terrestre

Cette proposition de loi déposée fin novembre par le député UMP Eric Diard vise à rendre obligatoire la déclaration individuelle d'intention de faire grève 48 heures à l'avance dans les entreprises ou établissements qui concourent directement au transport aérien de passagers.

L'idée est donc de reprendre "ce qui se fait dans le transport terrestre", selon la ministre de l'Ecologie : négociation avant un conflit, déclaration individuelle des grévistes 48 heures à l'avance et information des passagers sur l'état prévisible du trafic 24 heures avant la grève. Cette loi de 2008 est appliquée à la SNCF ou à la RATP et dans les réseaux urbains de transport public.

Eva Joly favorable à une "obligation de négocier" avant de faire grève

De son côté, Eva Joly s'est dite favorable à l'instauration d'une "obligation de négocier avant d'utiliser l'arme constitutionnelle qu'est la grève". Cela "existe en Allemagne et en Scandinavie et cela donne de bons résultats, observe la candidate EELV à la présidentielle. Il y a un côté absurde de commencer un conflit par la grève et négocier après."

Un encadrement du droit de grève qui n'est pas du tout du goût du syndicat Force ouvrière (FO). Pour ce dernier, "ce n'est pas en restreignant le droit de grève que seront réglés les problèmes", mais "en faisant disparaître les causes" et en imposant "une meilleure prise en compte des salariés" du secteur aéroportuaire.