Le réchauffement climatique sans doute responsable de la disparition d'un petit rongeur australien

Il s'agirait de la première espèce de mammifère disparue sous l'effet du réchauffement global, selon une étude scientifique relayée par le "Guardian", mardi.

Le détroit de Torrès, qui sépare l\'Australie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où se trouvait le melomys rubicola.
Le détroit de Torrès, qui sépare l'Australie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où se trouvait le melomys rubicola. (KLAUS D. FRANCKE / BILDERBERG)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Il s'appelle le melomys rubicola, et il est désormais introuvable dans son seul lieu de vie connu. Un rongeur australien semble avoir disparu en raison du réchauffement climatique, indique une étude scientifique, relayée mardi 14 juin par le Guardian (en anglais). Le quotidien britannique précise qu'il s'agirait de la première espèce de mammifère disparue sous l'effet du réchauffement global.

D'importantes recherches ont été réalisées sur la petite île sablonneuse de Bramble Cay, dans le détroit de Torrès, qui sépare l'Australie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG). Mais les scientifiques n'ont trouvé aucun spécimen du petit rongeur. La submersion de cet ilot, qui ne culmine qu'à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, et la perte d'habitat pour les rongeurs, sont "très probablement" la raison expliquant cette disparition, affirment les auteurs de cette étude réalisée par le département de l'Environnement du Queensland et par l'Université du Queensland.

Les données existantes sur l'élévation du niveau des eaux et les phénomènes climatiques dans le détroit de Torrès laissent penser que "les changements climatiques provoqués par l'homme (sont) la cause profonde de la disparition du melomys de Bramble Cay", explique l'étude.

Un précédent invalidé l'an dernier

Le melomys rubicola était considéré comme le seul mammifère endémique de la Grande barrière de corail. Il avait été découvert en 1845 par les Européens. Mais plus aucun spécimen de ce rongeur n'a été vu depuis 2009.

En 2014, des scientifiques ont décidé de lancer d'importantes recherches dans l'espoir de conserver l'espèce. Des pièges et des caméras ont été utilisés, mais aucun rongeur n'a été vu, "ce qui confirme que la seule population connue de ce rongeur est désormais éteinte", selon l'étude.

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avait attribué, en 2015, notamment au réchauffement climatique, la disparition du geocapromys thoracatus, ou "rat de Little Sawn Island", un rongeur d'un atoll corallien du Honduras. Mais il était apparu qu'un chat introduit sur l'île était le principal responsable de cette disparition.