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Un nouveau virus géant découvert dans le sol gelé sibérien

Une équipe de chercheurs du CNRS a fait la découverte inquiétante d'un virus : le "mollivirus sibericum". S'il n'est pour le moment pas dangereux pour l'homme, c'est parce que cette zone de la Russie est complètement déserte. Mais la fonte des glaces, qui a rendu le site accessible à l'exploitation, risque de réveiller de vieux démons.
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Radio France
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 (Depuis 2004, l'équipe de scientifiques a découvert plusieurs géants dans le sol glacé. Ici, le Phitovirus Sibericum, le plus vieux virus ayant jamais vécu. © SIPA | ZJAN/WENN.COM)

C'est une découverte plutôt inquiétante que viennent de faire des chercheurs français CNRS avec leurs homologues russes. En creusant dans le sol gelé de Sibérie, ils ont trouvé un virus géant. Appelé le mollivirus sibericum, ce virus vieux de 30.000 ans peut contaminer encore aujourd'hui de petits parasites comme des amibes.

Pour les scientifiques, c'est la preuve que ce sol gelé de Sibérie, que l'on appelle le permafrost, renferme des hôtes inquiétants y compris pour les hommes. D'autant qu'avec le réchauffement climatique, le permafrost se dégrade et ne fait plus office de prison glacée, qui gardait jusque-là les virus loin de toute civilisation. C'est une des nombreuses craintes de Jean Michel Claverie, professeur de médecine à l'université d'Aix-Marseille et scientifique à l'origine de cette découverte.

"L'autre problème, c'est que le réchauffement climatique rend également des endroits inaccessibles,  complètement accessibles. Ca rend possible d'accoster avec des équipements qui font fouiller le permafrost pour des raisons économiques. Et là, des couches qui n'ont pas été perturbées depuis un million d'années vont revenir à la surface." (Jean Michel Claverie, professeur de médecine à l'université d'Aix-Marseille)

Les explications de Jean Michel Claverie, professeur de médecine à l'université d'Aix-Marseille au micro d'Anne-Laure Barral
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Ce nouveau virus n'est pas le premier du genre. En mars 2014, l'équipe de scientifiques avait découvert le plus vieux virus ayant jamais vécu, soit entre 34 000 et 37 000 ans! Appelé le Pithovirus Sibericum, ce dinausore est cependant innofensif pour les humains et ne peut infecter que les organismes monocellulaires.

Un désert qui sauve

Enfin, la présence humaine pourrait également être une menace et faire resurgir des vieilles terreurs du passé comme la variole : "Pour l'instant, c'est un désert. Donc même s'il y avait la variole dans ces endroits-là, il n'y personne pour être infecté ." Mais, si les hommes colonisent la zone, il y aurait alors un réel danger "de faire ressurgir des vieilles terreurs du passé ", avertit le scientifique.

Découverts au début des années 2000, ces virus géants, visibles au microscope classique, pourraient nous apprendre beaucoup de choses sur les origines du monde. Mais ce n'est pas parce qu'ils sont géants que ces virus sont plus dangereux : le virus du sida est tout petit et aussi dangereux que la variole, beaucoup plus gros.

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