Un énorme site gaulois de stockage de grains découvert en Auvergne

Le site se trouve sur le plateau de Corent, dans le département du Puy-de-Dôme.

Le site a été découvert dans un ancien lac asséché, à Corent (Puy-de-Dôme).
Le site a été découvert dans un ancien lac asséché, à Corent (Puy-de-Dôme). (GOOGLE MAPS)

C'est une découverte archéologique inédite en France. Des chercheurs ont annoncé jeudi 13 août qu'ils avaient mis au jour une centaine de silos de stockage de céréales, datant des Gaulois, sur le site du plateau de Corent (Puy-de-Dôme), rapporte Le Monde.

"C'est le plus gros ensemble jamais trouvé en France et une découverte majeure pour (...) la compréhension du mode de fonctionnement de l'économie gauloise, qui n'est pas du tout rudimentaire comme on pouvait le supposer il y a une centaine d'années", explique Matthieu Poux, professeur d'archéologie à l'université Lyon-2 et responsable des fouilles. "C'est une économie qui dégage des surplus, que l'on stocke et que l'on échange. Il y a un circuit de stockage et de redistribution des ressources et ce genre de découverte nous permet de faire des bonds de géant dans la compréhension de ces mécanismes", a-t-il ajouté.

Des silos "ingénieux" creusés dans l'argile

Ces 120 silos, datant de l'âge de fer (800 à 50 ans avant Jésus-Christ) et dont le nombre total est estimé à plus d'un millier, ont été découverts début août en creusant des tranchées dans un ancien lac, à 500 mètres d'altitude, pour en restituer l'histoire sédimentaire, a expliqué le chercheur. Pour l'archéologue, le principe de ces silos est "ingénieux" : "Creusées dans un sol argileux, pratiquement imperméable à l'eau et à l'air, les fosses étaient remplies à ras bord de blé, d'orge ou de seigle, puis obturées hermétiquement." Chacune pouvait contenir "entre un quintal et une tonne de céréales", portant la capacité du site "à plusieurs centaines de tonnes".

Ce système d'"emballage sous vide" permettait de conserver les céréales "plusieurs mois, voire plusieurs années". "Elles ont peut-être été stockées là pour soutenir un siège ou à proximité d'une grande place de marché ou alors c'était un surplus exceptionnel", a estimé Matthieu Poux. Les parois des silos étaient recouvertes d'une couche de charbon montrant que ces installations ont été stérilisées au feu, "afin d'être utilisées plusieurs fois". Les silos "ont été comblés ensuite de terre, car ils ne servaient plus", a souligne le chercheur.