Cet article date de plus de huit ans.

Un bébé vainqueur du sida

C'est le premier cas de guérison apparente d'un enfant touché par le sida. Aux Etats-Unis, un garçon contaminé à la naissance, a été guéri, annoncent les chercheurs. Le virus n'a pas été éradiqué mais il est devenu tellement faible que le bébé n'a plus besoin de recevoir de soins.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Maxppp)

Un espoir pour vaincre le sida. Lors de la conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections
opportunistes (CROI) à Atlanta aux Etats-Unis, des chercheurs ont expliqué
avoir observé le premier cas de guérison d'un jeune enfant atteint du sida.

A ce jour, la seule guérison complète officielle reconnue au monde est celle de Timothy Brown, dit "le patient de Berlin". Il a été soigné grâce à une greffe de moelle osseuse. Le donneur présentait une mutation génétique qui empêchait le virus d'entrer dans les cellules.

Traité alors qu'il avait

moins d'une journée

Le jeune garçon "guéri" aux Etats-Unis avait été contaminé
à la naissance par sa mère, séropositive non traitée. Hospitalisé à Baltimore,
il a reçu des antirétroviraux moins de 30h après sa naissance. C'est beaucoup
plus tôt que ce qui se fait habituellement.

Selon les chercheurs, c'est
ce traitement précoce qui a permis une guérison "fonctionnelle". Il
aurait bloqué la formation de "réservoirs" viraux difficiles à
traiter.

Selon Deborah Persaud, une virologue du Centre des
enfants de l'hôpital de Baltimore à l'origine de l'étude, "faire une thérapie antirétrovirale chez
les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d'obtenir une très longue rémission
sans antirétroviraux en empêchant la formation de ces réservoirs viraux
cachés
".

Un virus encore présent mais

extrêmement faible

L'enfant a été traité jusqu'à
ses un an et demi. Il a ensuite disparu pendant 10 mois. Lorsque ses parents l'ont
ramené, les médecins se sont rendu compte que la présence du virus avait
diminué, alors que le garçon n'avait pas eu de traitement pendant tous ces
mois.

Le virus n'a pas été
complètement éradiqué mais sa présence est tellement faible que le système
immunitaire de l'organisme peut le contrôler sans traitement antirétroviral.

Il n'apparaît plus
dans les tests sanguins. Seules des traces ont été détectées par des analyses
génétiques mais pas suffisantes pour sa réplication.

Traiter les femmes

enceintes : une priorité

La suppression de la
charge virale est extrêmement rare, expliquent les virologues. On l'observe dans
0,5% des adultes infectés.

Selon les virologues
de l'hôpital de Baltimore, le cas de ce jeune enfant pourrait changer la
pratique médicale actuelle. Notamment pour le traitement antirétroviral des nouveau-nés.
Chaque année, 300.000 enfants naissent séropositifs dans le monde.

Ils précisent tout de même
que l'objectif premier est la prévention pour empêcher la transmission de la
mère à l'enfant. Les traitements antirétroviraux des femmes enceintes
permettent actuellement d'éviter de transmettre le virus à l'enfant dans 98%
des cas.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Sciences

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.