Il découvre l'oiseau rare qu'il cherchait depuis 20 ans... et le tue

Ce scientifique traquait depuis deux décennies un spécimen mâle du martin-chasseur à moustaches. Mais il l'a abattu après l'avoir trouvé.

Un martin-chasseur photographié à Bornéo, en Malaisie.
Un martin-chasseur photographié à Bornéo, en Malaisie. (CH'IEN LEE / MINDEN PICTURES / AFP)

Deux décennies pour le trouver. Une seconde pour l'abattre. Biologiste travaillant à l'American Museum of National History, Chris Filardi a enfin pu photographier, le 23 septembre 2015, l'oiseau qu'il cherchait depuis vingt ans : un spécimen mâle du martin-chasseur à moustaches. Mais il n'a rien trouvé de mieux que le tuer ensuite, ce qui a fait polémique.

"Voici les premières photos !" 

Le scientifique avait découvert l'oiseau rare fin septembre aux îles Salomon. Comme le rapporte Ouest-France, il l'a observé, photographié et a enregistré son cri si caractéristique ("kokoko-kiew"). Le musée pour lequel il travaille a fièrement rapporté la découverte sur son compte Twitter : "Voici les premières photos du martin-chasseur à moustaches mâle !" 

On ignore quelle mouche a ensuite piqué Chris Filardi, mais il a tué le petit oiseau dont il enserrait les pattes sur la photo. Selon le journal britannique The Independent, cette espèce souvent décrite comme un "oiseau fantôme" ne se trouve que dans les îles Salomon. Il y aurait entre 250 et 1 000 martins-chasseurs adultes de cette sorte dans la région.

"Un horrible exemple pour la recherche à venir"

Le fait d'abattre l'oiseau sans nécessité a été vivement critiqué par une partie de la communauté scientifique. Le biologiste a répondu que l'oiseau n'était pas en voie d'extinction, même s'il était mal connu en Occident. Il a ajouté, toujours selon le quotidien britannique, que le fait de "collecter un spécimen" était une pratique répandue dans sa discipline. Selon lui, le martin-chasseur à moustaches serait plus facile à étudier mort que vivant, et tel était le meilleur moyen de préserver l'espèce.

Un biologiste enseignant à l'université du Colorado, Marc Bekoff, a vertement répliqué qu'il fallait en finir avec le massacre d'animaux, quel qu'en soit le motif : "Il faut arrêter de tuer au nom de la conservation, de l'éducation ou de quoi que ce soit d'autre. C'est une erreur et un horrible exemple pour la recherche à venir et les enfants."