Quand Albert Einstein remontait le moral de Marie Curie

Les deux scientifiques ont échangé des lettres en 1911, alors que Marie Curie était au cœur d'un scandale médiatique en raison d'une liaison avec le physicien Paul Langevin.

Les scientifiques Albert Einstein et Marie Curie marchent au bord du lac Léman, à Genève (Suisse), en 1925.
Les scientifiques Albert Einstein et Marie Curie marchent au bord du lac Léman, à Genève (Suisse), en 1925. (ARCHIVES PIERRE ET MARIE CURIE / AFP)

"Ignorez les critiques de bas étage." C'est, à peu de chose près, le conseil donné par Albert Einstein à Marie Curie en novembre 1911, rapporte le site I Fucking Love Science (en anglais), mardi 9 décembre. Quelques semaines avant que le prix Nobel de chimie ne lui soit décerné, la veuve de Pierre Curie (décédé en 1906) s'est trouvée au cœur d'un scandale médiatique à cause de sa liaison avec le physicien Paul Langevin.

La femme de ce dernier, dont il était séparé depuis peu, a transmis des lettres des deux amants à la presse. De retour en France après une conférence à Bruxelles, Marie Curie a été accueillie par une foule en colère à son domicile parisien. Une expérience tellement effrayante qu'elle a décidé de s'intaller chez un ami avec ses deux filles, le temps que l'affaire se calme.

"Ne lisez pas ce ramassis de bêtises"

La situation a choqué Albert Einstein, qui avait fait la connaissance de la scientifique française à Bruxelles, révèle une lettre publiée par l'université américaine Princeton (en anglais). "La vile manière dont l'opinion publique se permet de s'intéresser à vous me rend tellement furieux que je me dois de vous faire part de ce sentiment", écrit le physicien dans sa missive, datée du 23 novembre 1911.

"Si la populace continue de s'intéresser à vous, alors ne lisez tout simplement pas ce ramassis de bêtises, et laissez-les plutôt aux reptiles pour qui elles sont inventées", conclut Albert Einstein. Avant d'évoquer ses dernières recherches scientifiques, sur la "loi statistique de déplacement des molécules diatomiques", dans un post-scriptum absolument incompréhensible pour le commun des mortels.